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Galthié : « On n’est pas là pour plaire… »

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L’entraîneur de Montpellier a accueilli la première défaite de son équipe face à Biarritz avec philosophie. Mais exhorte ses joueurs à plus d’efficacité.

Fabien, quels enseignements tirez-vous de cette première défaite (30-22) face à Biarritz ?
Revenir avec 0 point, c’est forcément négatif. Notre mauvaise première période nous condamne. On marque trois essais, un autre nous est refusé, on n’a pas de pénalités à taper. On laissé filer le point de bonus défensif. La marge de progression est importante, surtout en conquête. En défense, l’équipe doit mieux s’adapter à la nouvelle règle qui concerne la zone plaqueur-plaqué. On l’a presque trop respectée !

Les Biarrots ont laissé une forte impression, dans le jeu d’avant notamment…
C’est une équipe très efficace. Ils proposent un jeu frontal avec leur mêlée, leur touche, et leurs ballons portés difficile à contrer. Derrière, ils sont capables de bien déplacer le jeu sur la largeur. L’équipe doit s’en inspirer. On n’est pas là pour plaire, on est là pour être efficace.

Le message passe-t-il bien avec les nombreux joueurs étrangers de l’effectif ?
Je parle un peu espagnol et un peu anglais. Quand je vois qu’ils ne comprennent pas, je prends le temps de leur expliquer les consignes dans les deux langues, j’utilise le dessin également. On travaille aussi beaucoup sur les séances vidéo.

Avez-vous profité des ces fameuses séances pour recadrer les joueurs ? On se souvient d’explications parfois houleuses lorsque vous entraîniez le Stade Français…
J’ai vieilli… Depuis mes années Stade Français, j’ai fait deux ans avec l’Argentine. Au début, je n’aimais pas la défaite. On ne perdait pas souvent les matchs. Une séance vidéo doit être constructive et non pas destructive. Elle est là pour amener un peu de confiance, montrer qu’on est capable de faire des choses.

On vous sent déjà très impliqué émotionnellement dans cette équipe…
J’ai vu leur préparation d’avant-match, les mecs sont généreux, ils sont dedans. Sans doute trop, cela peut expliquer pourquoi on n’a pas existé en première mi-temps. Il n’y a pas de vérité dans la préparation des matchs. Je me souviens de France-All Blacks à Marseille en 2000, on est arrivés une demi-heure avant le match. On ne s’est pas échauffés. Après un quart d’heure de jeu, on menait 17-0 (Victoire finale des Bleus 42-33, ndlr).