RMC Sport

Guazzini-Bouscatel : Je t’aime, moi non plus

Max Guazzini, le président du Stade Français

Max Guazzini, le président du Stade Français - -

Entre provocations et petites phrases, les deux présidents ont pimenté les chocs entre le Stade Français et le Stade Toulousain depuis plus de dix ans. Avant leur rendez-vous de samedi au Stade de France (16h25), le duo revient sur cette rivalité géographique et culturelle.

Comment expliquez-vous la guerre des mots qui anime ces matchs entre le Stade Français et le Stade Toulousain depuis 1998 ?

Max Guazzini : J’ai répondu un petit peu à René Bouscatel, qui ne nous a pas toujours acceptés. Toulouse avait l’hégémonie sur le rugby. On a été un peu remuant. On a utilisé des codes qui n’étaient pas les leurs. Mais je n’ai aucun souci avec le Stade Français. Je pense que c’est terminé, en tout cas de mon côté. Ce n’était pas méchant. J’avais fait un t-shirt « Stade Français : Not to lose ». Mais c’était pour rire. Ils l’ont mal pris, tant pis. Pour la finale de la Coupe d’Europe à Edimbourg, on avait organisé des bus au départ de Paris. On avait offert un bus aux supporters toulousains. Ça les a peut-être énervés.

René Bouscatel : Au départ, le Stade Français a voulu jouer sur la rivalité Paris-province. La province, à l’époque, c’était nous. Maintenant, la province, ce n’est plus seulement nous. Et le Stade Français n’est plus seul à Paris. Ça reste un Clasico, mais il n’a pas la même symbolique. De 1994 à 1997, il y avait un club qui était au-dessus, nous. Ensuite, le Stade Français est arrivé en 1998. Après, ont suivi Biarritz, Clermont-Ferrand, Perpignan, Toulon, le Racing... Il y a beaucoup de plus de concurrence. Et à cause de cette concurrence, notre Clasico est devenu plus soft.

Quel est le meilleur souvenir que vous gardez de ces affrontements entre le Stade Français et le Stade Toulousain ?

M.G. : Je dirais que c’est le premier match contre eux, en 1998. On les a battus en demi-finale, à Brive. Le Stade Toulousain gagne toujours, mais quelques fois on les bat. Là, c’était tellement inattendu de se retrouver en finale. Et puis il y a aussi le premier match au Stade de France, le 15 octobre 2005.

R.B. : Le souvenir le plus heureux, c’est lorsque nous avons battu le Stade Français en finale de la Coupe d’Europe (ndlr : en 2005). Je me souviens aussi quand on a perdu au Stadium contre le Stade Français. J’avais alors fait le vœu de ne me raser que lorsqu’on aurait gagné à Paris. Nous avons gagné à Paris. Mais l’ensemble du personnel administratif du club a voté pour le maintien de la barbe. Je les remercie parce que ça m’évite de me raser tous les matins.

Et votre plus mauvais souvenir ?

M.G. : Ce que je n’aime pas chez les Toulousains, c’est peut-être l’attitude du public à notre égard. Quand on y va, on est très sifflé. Nous, on ne siffle pas les Toulousains. On les applaudit. Même s’il y a une histoire entre les deux Stade, ce n’est pas une raison pour nous siffler systématiquement. C’est dommage, parce que Toulouse n’a pas besoin de ça. C’est le plus grand club d’Europe. 

R.B. : Ce qui m’avait le plus marqué, c’est Blanche de Castille sur le maillot du Stade Français. Parce que quoi qu’en dise Max Guazzini, Blanche de Castille n’a pas été choisie pour rien. Lors de la minorité de François Ier, c’est elle qui a fait abdiquer le dernier comte de Toulouse sur le parvis de Notre-Dame. Je reste persuadé que c’est la raison de ce choix. Je ne pense pas que Blanche de Castille ait un autre lien avec le Stade Français.

Quels joueurs de l’autre équipe aimeriez-vous avoir dans votre effectif ?

M.G. : C’est plutôt Toulouse qui a pris des joueurs chez nous pour le moment, que ce soit David Skrela, Shaun Sowerby, Yohan Montès ou le jeune Nicolas Bézy. Ils aiment bien les joueurs parisiens, même si nous sommes une « Stade Academy ». Ils ont des joueurs tellement formidables. J’aime beaucoup Vincent Clerc et Clément Poitrenaud. 

R.B. : Il y en a un que j’aurais aimé avoir dans mon équipe, c’est Pierre Rabadan. Mais il avait son clone à Toulouse, Jean Bouilhou. Je ne regrette pas le choix que nous avons fait. J’ai beaucoup d’amitié et de sympathie pour Pierre Rabadan, pour son profil de joueur et pour sa personnalité. C’est un très grand joueur de club, indispensable, comme l’est pour nous Jean Bouilhou.

Propos recueillis par LD et WT