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La lettre de Mourad Boudjellal à François Hollande

Mourad Boudjellal, le président du RCT

Mourad Boudjellal, le président du RCT - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Face à la suspension de Bernard Laporte jusqu’au 3 juin, levée jusqu’à jeudi, Mourad Boudjellal en appelle au président de la République. Le RCT, dont il est le président, a publié ce samedi la lettre qui a été envoyée à François Hollande.

Si le CNOSF a provisoirement levé la sanction infligée à Bernard Laporte (16 semaines de suspension, soit jusqu’au 3 juin), avec la nomination de deux conciliateurs et une audience prévue jeudi prochain, le sujet reste sensible à Toulon. Le RCT a publié ce samedi après-midi sur son site la lettre que son président Mourad Boudjellal a envoyé à François Hollande pour solliciter son avis sur la liberté de communiquer, qui a été retirée à Bernard Laporte par la commission d’appel. Mourad Boudjellal mentionne Jean Jaurès pour tenter de convaincre le président de la République. Retrouvez ci-dessous le texte de la lettre qu’il a envoyée à l’Elysée.

La lettre de Mourad Boudjellal au président de la République, François Hollande :

"Monsieur le Président,

Vous incarnez tant par votre fonction que par vos actes les valeurs de notre République.

Je vous écris, à ce titre, afin de porter à votre connaissance un fait d’une particulière gravité qui viole le principe fondateur de notre République : la liberté.

Cela est d’autant plus grave que cette atteinte est commise par une entité, la Fédération Française de Rugby, agissant dans le cadre d’une délégation de l’Etat.

En effet, dans l’exercice des pouvoirs de puissance publique que lui a confiés le Ministère des sports, la Fédération Française de Rugby a, par le biais de sa commission d’appel, cru pertinent d’assortir la sanction prise à l’encontre d‘un salarié du Rugby Club Toulonnais de l’interdiction « d’entrer ou de tenter d’entrer en communication de quelque manière que ce soit, avec les officiels de match ou avec des joueurs ou avec l’encadrement sportif du Rugby Club Toulonnais et ce jusqu’au 3 juin 2014 ».

Cette sanction, infondée, cause une atteinte grave aux libertés individuelles en réduisant au silence absolu un individu dans l’exercice même de son activité professionnelle.

Comment dans notre beau et grand pays de France une telle sanction puisse être prononcée à l’encontre d’un individu n’ayant commis nul crime ni délit, par une commission dépourvue de tout pouvoir juridictionnel.

J’en appelle à vous, Monsieur le Président, attaché à la défense de nos principes fondamentaux et fidèle à la pensée de Jean Jaurès, qui écrivait avec force et justesse que le premier des droits de l'homme était la liberté individuelle, pour connaitre votre position sur cette sanction.

Respectueux de nos institutions, nous ne vous demandons pas ici la levée de la sanction. En revanche, certain de votre soucis de justice, nous vous demandons si l’interdiction de communiquer fait parti des valeurs de la République que vous avez cœur à défendre.

A l’heure où notre pays doute de lui, redonnons du sens à nos valeurs, redonnons espoir aux gens qui luttent, redonnons le goût du partage et du vivre ensemble comme le Rugby Club Toulonnais le fait au quotidien auprès des habitants, jeunes et vieux, hommes et femmes, riches et pauvres, composant la cité de Toulon.

Je vous remercie par avance, Monsieur le Président, de l’attention que vous porterez à la présente et me tiens à votre disposition pour contribuer à la défense de nos libertés.

Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, en l’expression de mon profond respect.

Mourad Boudjellal."

La rédaction