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La nouvelle vie de Servat

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Retraité, l’ancien international du Stade Toulousain William Servat n’a pour autant pas quitté son club de toujours. Depuis la reprise, il complète le trio d’entraîneurs composé de Guy Novès et de Jean-Baptiste Ellisalde. Et convainc déjà.

Son dernier bouclier de Brennus levé, William Servat a entamé une nouvelle vie. Depuis juillet dernier, le talonneur emblématique du Stade Toulousain, quatre fois champion de France et trois fois d’Europe, a intégré le staff du club sacré dix-neuf fois sur le sol national, après avoir refusé une offre de Toulon. Yannick Bru parti entraîner à plein temps les avants du XV de France, la « Bûche » a repris le flambeau. « Il n’a pas été choisi par hasard. Il a une grosse personnalité et c’était quelqu’un d’admiré dans le groupe, justifie Guy Novès, manager des Rouge et Noir. C’est facile de mettre en place ces personnes. »

L’ex-international français a donc découvert son nouvel environnement. « Je n’imaginais pas autant de travail. C’est énormément de préparation et de vidéos ». Pour s’acclimater, Servat s’est donc rapproché de ceux qu’il connaît le mieux, les « gros », et s’est concentré sur la conquête. On l’a ainsi vu s’entretenir avec les avants sud-africains Steenkamp et Botha contre le Racing en amical, échangeant conseils et sourires complices. « J’ai envie d’être le plus naturel possible, explique le natif de Saint-Gaudens. Avant l’entraînement, il y a un peu moins de contact mais on peut très bien sourire et plaisanter avec les joueurs. On est tous des hommes, on reste humain donc il n’y a pas de souci ».

Une aura intacte

Malgré son changement de statut, ce fidèle du club haut-garonnais, où il aura passé l’ensemble de sa carrière, n’a rien perdu de son aura. Pour preuve, le rôle de père protecteur qu’il tient auprès du jeune et talentueux Christopher Tolofua, son successeur dans la mêlée toulousaine. Mais aussi son discours d’avant-match avant la rencontre face à Castres en ouverture du Top 14 le week-end dernier. « Quand il nous a parlé avant le match, il a eu cette motivation communicative, détaille Nyanga. On avait l’impression qu’il allait entrer avec nous sur le terrain ». Une sensation confirmée par le principal intéressé : « Le plus difficile pour moi, c’était de les laisser entrer sur la pelouse sans les suivre. De temps en temps, j’ai de petites montées ».

Pour autant, hors de question de faillir à sa nouvelle mission. Le double vainqueur du Tournoi des VI Nations enfouit ses sentiments et tente « de garder ce recul pour rester cohérent dans l’analyse à la mi-temps ». Le néo-technicien haut-garonnais aime ces « nouvelles discussions très intéressantes et très instructives » avec Novès. Pleinement investi dans son rôle, William Servat a pris la peine de prendre contact avec son prédécesseur. Et si quelque chose ne va pas, il essaie « de comprendre pourquoi » pour « être plus performant le lendemain ». Un mois aura donc suffi au guerrier toulousain pour se muer en entraîneur-modèle.

Jérôme Carrère avec Wilfried Templier