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La Rochelle passe le cap

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La Rochelle n’a rien d’un port de plaisanciers, ce serait plutôt un arsenal âprement défendu. Les Castrais, 5es du championnat la saison passée, l’ont expérimenté samedi soir.

« On a notre petite idée, expliquait avant match Benjamin Ferrou, demi de mêlée et maître à jouer des jaune et noir. On veut devenir le premier vainqueur de la finale d’accession à se maintenir en Top 14. » Et la victoire 22-17 est un premier jalon bien planté en direction de ce fol objectif : La Rochelle est devenu, samedi, le premier vainqueur de la finale d’accession à s’imposer en ouverture du championnat.

Un succès construit autour d’intentions – des relances depuis leurs 22 mètres -, de valeurs – une défense de fer loin d’être faite d’un seul courage désespéré -, et un groupe stabilisé. «On s’est renforcé de quelques arrières costauds car le Top 14 regorge de centre aux physiques de troisième ligne qui courent comme des ailiers », expliquait le capitaine Ferrou. Et Ligairi et Rapeni ont fait un bien fou, en défense comme en attaque.

« Les garçons se sont démultipliés aux quatre coins du terrain pour endiguer les assauts des Castrais, analysait David Darricarrère, le coach adjoint rochelais. Ils étaient rincés après le match. Je leur ai dit que désormais ils savaient ce qu’était le niveau physique du Top 14. » Et il reste vingt-cinq matchs de cette intensité – ou plus… - à disputer pour espérer tenir le pari du maintien.

Un banc à la hauteur

Si les coachs ont conscience de la difficulté, les joueurs aussi. Sébastien Boboul, l’arrière auteur du premier essai rochelais samedi, sait que cela sera long et difficile : « On ne va pas s’enflammer. Déjà le déplacement à Paris avant de recevoir Bourgoin, rien que de dire ça, cela donne une idée de la tâche qui nous attend. Mais en même temps, on a validé avec la victoire tout le travail réalisé depuis quelques années avec un groupe soudé, homogène et qui se connaît bien. Ca s’est retrouvé notamment en défense. »

Le stade Marcel-Deflandre a pu faire la fête à ses héros qui retrouvaient l’élite pour la première fois depuis 2002. Un stade « en feu », mais des joueurs et des entraîneurs qui calment le jeu. La saison ne fait que commencer. « Il est bien trop tôt pour se féliciter ou pour faire des raisonnements », ajoute Sébastien Boboul.

On peut quand même souligner que ce premier succès, déjà crucial, acquis dans la douleur, s’est fait malgré une infirmerie bien remplie. Preuve que La Rochelle a des qualités, des vertus, mais aussi une profondeur de banc. Et ça, c’est peut-être le plus encourageant pour la suite de la saison.

Laurent Depret