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Laporte : « J’ai eu envie de les embrasser sur la bouche »

Bernard Laporte

Bernard Laporte - -

Une victoire sans accroc (59-0), huit essais marqués, une première place confortée : Toulon a parfaitement négocié sa réception de Bayonne. A tel point que cette rencontre a procuré un plaisir non dissimulé à son manager, Bernard Laporte.

Bernard, avez-vous pris votre pied lors de ce match face à Bayonne ?

Oui ! C’est ce que j’ai dit aux joueurs à la mi-temps. C’est une des rares mi-temps où tu as envie de les embrasser sur la bouche. Je leur ai dit que j’avais rarement pris du plaisir comme ça. Mais j’ai dit que ça devait continuer avec une deuxième mi-temps aussi pleine et compacte. Après ce genre de match, il n’y a pas grand-chose à dire. Mais encore une fois, il faut rester les pieds sur terre. Il y a un gros match dans cinq jours (ndlr : contre le Stade Français). Il faut savourer car j’ai vu beaucoup d’émotion et des gens dans les tribunes qui me disaient qu’ils n’avaient jamais vu un tel match.

Avez-vous rendu une copie parfaite ?

La copie parfaite n’existe pas. C’était un match qu’on se régale à regarder. Même ma mère qui a 78 ans et qui ne comprend rien au rugby m’a dit qu’elle avait pris du plaisir. C’est pour vous dire à quel point ils ont été bons.

En début de saison, vous gagniez mais tout n’était pas parfait. Les observateurs disaient…

(Il coupe) Mais je n’étais pas d’accord. Je sais que notre philosophie était la même. Nous avons trois mois de vécu. Nous sommes mieux, je le sens. Il faut du temps au temps. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Il fallait aller à l’essentiel. En quatre semaines d’entraînement, il fallait avant tout être bon sur les bases. Si nous n’avons pas été bons ou approximatifs au début de saison, c’est aussi parce qu’on ne se connaissait pas. C’est une évidence. Je savais que la volonté n’était pas de fermer le jeu.

Quand vous voyez les deux essais coup sur coup en début de seconde période, que vous dîtes-vous ?

Je ne crois pas au Père Noël. Le jeu appartient aux joueurs. Je leur dis toujours qu’il faut s’engueuler, être intransigeants, s’aider. Si vous attendez que je vienne avec le fouet et que je gueule, il manquera toujours quelque chose. Je veux que l’exigence vienne d’eux. Au rugby, s’engueuler, c’est s’aimer. Il faut continuer et ne rien lâcher. Ce dimanche est fait, il faut penser au suivant.

Propos recueillis par Florent Germain