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Le coup de force de Toulon

Steffon Armitage

Steffon Armitage - -

Dans une rencontre de très haut niveau, Toulon a réussi le très gros coup de cette 2e journée de Top 14 en s’imposant sur la pelouse du Racing (23-21). Avec ce succès, le RCT s’affirme plus que jamais comme la superpuissance du Top 14.

Ce Racing-Toulon s’annonçait comme un choc au sommet. Et il a clairement répondu aux attentes. Avant la rencontre, Bernard Laporte, manager du RCT, affirmait que cela le « faisait rigoler » qu’on parle de son club comme du favori au Bouclier de Brennus. Pourtant, l’ancien sélectionneur du XV de France ne pourra pas se cacher très longtemps. Ses protégés viennent d’enchainer une deuxième victoire à l’extérieur, après Perpignan le week-end dernier, face à un candidat déclaré aux phases finales, le Racing (23-21). « Du bois au chaud pour l’hiver » selon Nicolas Durand, qui laissait exprimer sa joie au micro de RMC. Après un quart d’heure d’observation, ce sont pourtant les Racingmen qui ont piqué les premiers ce samedi après-midi à Colombes.

Un changement d’aile éclair de la gauche vers la droite, Estebanez qui décalait Vakatawa, et le Fidjien, face à quatre Toulonnais, choisissait la meilleure solution. Un coup de pied par-dessus à suivre pour lui-même et sa vitesse faisait le reste (15e). Touchés dans leur orgueil, les Varois ont rapidement répondu. Une touche au niveau de la ligne des 22 mètres du Racing, une fausse piste de Bastareaud qui permet à Palisson de prendre l’intervalle, de fixer Vakatawa et de servir Matt Giteau sur un plateau… Le RCT ouvrait son compteur d’essais de fort belle manière (19e). Les deux équipes connaissaient ensuite tour à tour leur moment fort sans pouvoir conclure. Et Wisniewski manquait de donner au pied l’avantage aux siens (35e) à la pause.

Le doublé pour Giteau

Toulon devait jouer les premières minutes de la seconde mi-temps à 14 à cause du carton jaune reçu par Delon Armitage (38e) et perdait des forces à défendre. Comme lors de son premier essai, le Racing faisait admirer son aptitude à faire vivre le ballon d’une aile à l’autre en un éclair. Et c’est le troisième ligne Antoine Battut qui était, tel un ailier, à la conclusion de cette jolie phase de jeu (49e). Mais comme en première période, Toulon allait relever la tête et sortir les muscles. Après avoir pilonné la défense francilienne à 5 mètres de sa ligne, les avants toulonnais laissaient le travail aux trois-quarts. Jonny Wilkinson réussissait une passe laser de plus de 20 mètres pour Vincent Martin sur son aile droite, qui remisait intérieur pour Matt Giteau, lequel réussissait un doublé (60e).

Le dernier des quatre essais de la rencontre, tous marqués sur du jeu en mouvement. Toujours en tête, le Racing pliait à cause d’une indiscipline jusqu’alors maitrisée. Eddy Ben Arous, le même qui avait récolté un carton jaune l’an dernier à Toulouse, précipitant la défaite des Racingmen dans le premier choc du début de saison, voyait l’histoire se répéter. Sur une faute en mêlée, il offrait à Wilkinson la balle de match, à 10 mètres en face des perches, que l’Anglais ne manquait pas (76e). Le Racing-Métro, s’il s’est incliné, n’a pas à rougir de sa belle copie. Les Toulonnais, rassurés par le petit geste de la main d’Alexis Palisson après son KO dans un choc avec Henry Chavancy, pouvaient quant à eux se congratuler. Ils ont lancé un message très fort aux autres prétendants au Bouclier de Brennus.

Anthony Tallieu