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Le rugby français au Top

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La succession de Perpignan est ouverte. La saison 2009–2010 du Top 14 débute ce vendredi sur un alléchant Toulon–Stade Français. Le championnat français est en pleine forme, porté par des stars comme Chabal ou Wilkinson.

L'Angleterre a sa Premier League. La France soigne son Top 14. Comme son « voisin » britannique du football, le championnat français de rugby est en train de devenir la compétition de clubs la plus relevée et le plus attractive au monde. La nouvelle saison qui s'ouvre ce week-end promet donc d'être passionnante.
Il suffit d'écouter Marc Lièvremont le sélectionneur national, parler du championnat français pour s'en convaincre : « Le Top 14 est une compétition exceptionnelle, sans doute le plus beau championnat de rugby au monde. Cette saison, il s'annonce âpre et disputé. Tous les observateurs s'accordent en effet à dire qu'il y a un grand nombre d'équipes capables de viser le haut du tableau. De plus, l'intégration des barrages va donner des matches au couteau. Ça promet ! » L'interview en intégralité en cliquant ici

Une couverture médiatique exceptionnelle
Les médias ne s'y sont pas trompés. Pour preuve, les 185 matches du Top 14 seront tous télévisés par Canal +, Canal + Sport et Rugby + (et également retransmis sur RMC : le match décalé en intégralité et les autres en multiplex). En constante progression, l'émission « Jour de Rugby », diffusée sur Canal +, devrait à nouveau gagner des parts d'audience. Fort de cette exposition médiatique, les clubs en ont profité pour investir afin d'améliorer leurs infrastructures.
De nombreux stades ont été refaits à neuf (Aguilera à Biarritz, le stade Du Manoir à Montpellier ou Aimé Giral à Perpignan). D'autres enceintes sont en cours de rénovation (Jean Dauger à Bayonne) ou en projet (Jean Bouin pour le Stade Français, Colombes pour le Racing Métro, ou encore Mayol pour le RC Toulon).
Autant de travaux qui devraient être en partie amortis par une affluence record dans les tribunes. En 2008-2009, les enceintes du Top 14 avaient toutes un taux de remplissage supérieur à 70% ! En ce début de saison, tous les voyants sont au vert : les abonnements ont augmenté de 10%, alors que les ventes aux guichets devraient connaître une hausse d'environ 17%. De quoi renflouer les caisses et financer un recrutement prestigieux.

Chabal, Wilkinson, Steyn... les stars sont là !
Car parmi les 420 joueurs sous contrat dans le Top 14, de nombreuses stars du rugby ont débarqué dans l'Hexagone cet été. Citons par exemple le jeune prodige sud-africain, le centre (ou arrière) international François Steyn qui a rejoint le squad impressionnant du promu Métro Racing 92. Des étrangers de renom donc, en provenance d'outre-manche pour la plupart, où la chute de la Livre sterling (passée en deux ans, de 1,45 euros à un peu plus d'un 1 euro) a poussé les rugbymen professionnels à migrer vers des cieux plus attractifs. Résultat, des internationaux anglais comme le demi d'ouverture champion du monde Jonny Wilkinson (RC Toulon) ou le troisième ligne aile James Haskell (Stade Français) ont traversé la Manche cet été.
Mieux : plusieurs joueurs phare du XV de France exilés en Angleterre sont rentrés au bercail : Julien Dupuy et Benjamin Kayser au Stade Français, Lionel Faure à Clermont, Sébastien Bruno à Toulon et bien sûr LA star Sébastien Chabal, qui s'est engagé avec le Racing à son retour de Sale. « C'est avant tout le joueur de rugby qui nous intéresse. Après, c'est sûr que, grâce à lui on a plus de gens qui viendront nous voir. Lors de la préparation à Aix en Provence, on a déjà fait une opposition d'entraînement devant une tribune pleine », résume son nouveau coach Pierre Berbizier.

Une dynamique qui profite au rugby amateur...
Si quelques grands noms ont quand même déserté le championnat comme le Néozélandais Dan Carter (de Perpignan aux Canterbury Crusaders) ou l'Argentin Juan Martin Hernandez (du Stade Français aux Natal Sharks), le Top 14 a su conserver la plupart de ses meilleurs éléments à l'image de l'Anglais Andy Goode (Brive), du Néo-Zélandais Byron Kelleher (Toulouse) ou du fidjien Napoleoni Nalaga (Clermont) auteur de 21 essais la saison dernière. L'élite a d'ailleurs entraîné dans son sillage euphorique, le rugby amateur. Le mois dernier, le légendaire All-Black Jonah Lomu a ainsi rejoint Marseille, en Fédérale 1 (troisième division), en compagnie du solide néozélandais Isitolo Maka et de l'expérimenté géorgien Gregori Labadze.

... mais le chômage rode chez les pros
Attention toutefois à ne pas verser dans l'optimisme béat : Cette saison, Alors que le marché des transferts s'est achevé le 30 juin, plus de soixante joueurs pros se sont retrouvés sans club. Jeunes ou internationaux, le phénomène n'a épargné personne. L'afflux massif de joueurs étrangers poussant ainsi de nombreux joueurs sur la touche. « C'est un phénomène qui augmente de façon exponentielle depuis trois, quatre ans, constate Gaël Arandiga, directeur général de Provale, le syndicat des joueurs de rugby professionnel. C'est un problème de "riches". Maintenant que l'Angleterre subit la crise de plein fouet, on a le championnat qui propose les émoluments les plus importants. Donc, forcément, on est plus attractif »

En 2010, un salary cap et un quota de formation
La saison qui s'ouvre ce vendredi marquera donc aussi la fin d'une époque, celle d'un libéralisme exacerbé. Certes pour l'exercice 2009-2010, les budgets ont encore augmenté, de 7% en moyenne par rapport à l'an passé. Mais dans un an, les réformes de la Ligue Nationale de Rugby, votées au mois d'avril, entreront en vigueur afin d'encadrer la compétition. Les clubs seront alors soumis à un plafonnement de leur masse salariale (équivalent à la moyenne des cinq plus grosses masses salariales du Top 14) et auront l'obligation de présenter un effectif composé au minimum de 50 % de joueurs issus des filières de formation française (puis 70% en 2011-2012). Histoire surtout, pour tous les acteurs du rugby professionnel français de ne pas tuer la poule aux « ovales d'or ».

Les budgets des Clubs du Top 14
Stade Français : 21 millions d'euros (+ 3 millions d'euros)
Clermont : 18,9 millions d'euros (+ 1,9 millions d'euros)
Toulouse : 17 millions d'euros (inchangé)
Toulon : 16,5 millions d'euros (+ 2,5 millions d'euros)
Brive : 16 millions d'euros (+ 3 millions d'euros)
Racing Métro 92 : 16 millions d'euros (Pro D2 en 2008-2009)
Biarritz : 14 millions d'euros (+ 0,5 millions d'euros)
Perpignan : 13 millions d'euros (+ 1 millions d'euros)
Montpellier : 12,8 millions d'euros (+ 1,3 millions d'euros)
Bayonne : 12 millions d'euros (+ 0,5 millions d'euros)
Castres : 11 millions d'euros (inchangé)
Montauban : 10,2 millions d'euros (+0,7 millions d'euros)
Bourgoin : 10 millions d'euros (+ 0,2 millions d'euros)
Albi : 8 millions d'euros (Pro D2 en 2008-2009)

Alexandre Jaquin et Laurent Depret