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Le Top 14 doit-il changer de formule ?

Bernard Laporte

Bernard Laporte - -

En offrant une semaine de vacances à une grande majorité de ses titulaires avant la rencontre de Top 14 face à Toulouse, Bernard Laporte a créé la polémique, relançant le débat sur la pertinence de la formule actuelle du championnat.

De son propre aveu, Bernard Laporte ne se voyait pas perdre, lorsqu’il a parié avec ses joueurs une semaine de vacances s’ils gagnaient leurs six rencontres inaugurales en Top 14. Mais six journées plus tard, l’entraîneur toulonnais a dû tenir parole, se privant par là-même de ses titulaires habituels pour son déplacement à Toulouse, samedi (20h45). Il n’en fallait pas plus pour que la polémique sur la formule du championnat (les six premiers de la saison régulière se disputent le titre en phase finale) ressurgisse.

En cause, le système de phase finale permettant aux équipes de tête de "choisir" leurs matchs, sans forcément hypothéquer leurs chances de sacre. Laporte ne s’en cache d’ailleurs pas, lui qui condamne ce système de phase éliminatoire : sous une autre configuration, il n’aurait pas fait tourner. « Les phases finales, c’est l’esprit rugby, d’accord. Mais bon, on ne peut pas tout avoir ! Effectivement, si le premier était champion de France, mes joueurs n’auraient pas eu de vacances ». Un point de vue que semble partager Guy Novès, le manager toulousain : « On pourrait effectivement permettre à l’équipe qui a le mieux géré sa saison régulière d’être sacrée championne, à partir du moment où le championnat a été très dur de bout en bout ».

L’ADN du rugby français

Mais aux yeux de nombreux acteurs du rugby hexagonal, la saveur toute particulière de ces phases finales en font un élément parfaitement incontournable. « C’est un moment tellement magique, tellement spécial, qu’il faut le garder pour toujours », dixit Benjamin Kayser, talonneur de Clermont. Et de poursuivre : « C’est injuste, je suis complétement d’accord, mais la saison aussi est injuste, avec les doublons, la Coupe d’Europe, que certains doivent disputer ou pas. Sacrer le premier du classement, pour moi, ce serait vraiment dommage, et tout aussi inégalitaire. Ou alors il faut tout changer ».

Stéphane Glas, entraîneur adjoint de Montpellier, abonde dans son sens, estimant que la phase finale fait tout simplement partie « de la génétique du rugby français ». De son côté, Mathieu Blin, entraîneur des avants d’Agen et autre fervent défenseur de la cause, propose quelques aménagements : « Pourquoi ne pas rajouter des options positives pour le premier du classement, que ce soit dans la réception, le choix du terrain, ou le nombre de places attribuées aux supporters… »

La question est posée. Quoi qu’il en soit, rien ne dit que Toulon, avec son "équipe B" qui ferait saliver plus d’un président du Top 14, n’ira pas s’imposer à Toulouse, et estomper de la plus belle des manières cette éternelle polémique.

Le titre de l'encadré ici

Le Stade Français fait aussi tourner… malgré lui|||

Alors que la décision de Bernard Laporte de laisser ses titulaires au repos face à Toulouse fait grand bruit, c’est contraint et forcé que le Stade français se rend à Clermont (vendredi, 20h50) pour le compte de la 7e journée de Top 14 avec un XV de départ largement chamboulé. Ce n’est pas pour "sacrifier" cette rencontre, mais bien en raison de la cascade de blessés qui a touché l’effectif parisien. Le staff francilien doit en effet se passer de Jules Plisson, étincelant face à Perpignan lors de la 6e journée de Top 14 (34-24), de Sergio Parisse ou encore de Felipe Contepomi. Face à des Clermontois pourtant intraitables sur leurs terres, et malgré un effectif amoindri, les Parisiens ont toutefois affirmé se rendre en Auvergne pour aller chercher les quatre points de la victoire. Après un début de saison difficile, le Stade français n’a pas le loisir de pouvoir choisir ses matchs… lui.

Alexis Toledano avec JL, WT, JT, OS, LD