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Le Top 14 est-il en danger?

Yannick Nyanga

Yannick Nyanga - -

Après deux journées, le spectacle en Top 14 est déjà au cœur des critiques. Les nouvelles règles, notamment celles touchant la mêlée, apportent plus de confusion que de spectacle. Faut-il s’inquiéter pour le Top 14 ?

A peine deux journées ont été jouées en Top 14 et les voix s’élèvent et grondent déjà contre le spectacle offert par le championnat français, qui se veut pourtant être le meilleur au monde… Cibles de toutes les critiques, les nouvelles règles et l’arbitrage. Après avoir bouclé l’édition 2011-2012 par des demies et une finale où aucun essai n’a été inscrit, le Top 14 est resté au royaume de l’ennui en ce début de saison. Signe de ce manque de spectacle, les 39 cartons jaunes distribués depuis le début du nouvel exercice : soit le triple de l’année dernière au même stade.

Certains matches dépassent même la barre des 40 pénalités sifflées, comme lors de Castres-Grenoble (2e journée, le 25 août), où 46 pénalités ont été accordées ! Instaurées pour améliorer le spectacle du Top 14, ces nouvelles règles produisent l’effet inverse. Un constat alarmant, qui inquiète le rugby français. « S’il y a un danger qui pèse aujourd’hui sur le Top 14, c’est l’attitude des arbitres et leurs propos. Le danger est effectif car cela fausse la compétition, regrette Serge Simon, membre de la Dream Team de RMC Sport et président du syndicat des joueurs. Ça détruit une phase de jeu qui est essentielle dans le rugby. Aujourd’hui, il n’y a plus de combat. Les mecs rentrent en mêlée en ne voulant pas se faire pénaliser. C’est n’importe quoi… Les arbitres sont dans le délire complet ».

Moscato : « A trop vouloir changer, on s’y perd »

Avec 32 essais en 14 matchs, soit 2,2 essais par match, le début de saison du Top 14 est plus soporifique que passionnant. Aujourd’hui, c'est la mêlée qui est au cœur des critiques. En passant de quatre à trois commandements (« Flexion, Touchez, Jeu »), les nouvelles règles devaient fluidifier le jeu et éviter la multiplication des temps morts… Mais c’est tout l’inverse. « A trop vouloir changer, on s’y perd. Il faut une autorité mais pas celle du Shérif de Sherwood, lâche Vincent Moscato. On ne touche pas à la mêlée ! Qu’est-ce qu’on s’en fout qu’elle s’écroule ou qu’elle monte en l’air ? L’important est que le ballon sorte. Il n’y a pas à compliquer les choses. A tout vouloir gérer et appliquer, je crois qu’on part dans la mauvaise direction et que les arbitres se trompent ».

Et si finalement ces nouvelles règles n’étaient pas plutôt un danger pour l’avenir du Top 14 ? « Les modes se démodent très facilement, et le rugby, qui a eu une embellie assez exceptionnelle sur ces 10 dernières années, ne l’aura peut-être pas toujours si les gens continuent de s’emmerder », craint Jacques Verdier, directeur délégué du journal Midi Olympique, invité du Moscato Show sur RMC. Et pourtant, l’optimisme est toujours de mise, à l’image de Gonzalo Quesada : « Dans le Super XV, on voit qu’il y a du jeu, du spectacle mais pas de spectateurs, assure l’entraîneur du Racing. En Top 14, il y a moins de passes, mais les gens sont contents de venir au stade ». C’est bien là l’essentiel …