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Le Top 14, royaume de l’ennui ?

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A peine deux journées d’écoulées et déjà des voix s’élèvent unanimement contre la qualité du spectacle du championnat de France de rugby. Si les raisons sont multiples, les nouvelles règles et l’arbitrage semblent plus que jamais au cœur des critiques.

Et si le meilleur championnat du monde était aussi le plus pénible à regarder ? A en croire acteurs et spécialistes de notre championnat, le spectacle en ce début de saison n’est pas au rendez-vous. Avec 32 essais en 14 matchs (soit 2,2 essais par match contre 3,9 l’an passé) le début de saison du Top 14 se fait l’écho décevant d’une fin de saison 2012 soporifique. Un aspect de jeu cristallise à lui seul presque toutes les critiques. Il s’agit de l’arbitrage et de l’application des nouvelles règles.

Le meilleur exemple est comme souvent le secteur complexe de la mêlée. Dimitri Szarzewski, le talonneur de l’équipe de France, exprime ainsi la difficulté liée à cette phase de jeu : « La mêlée est assez compliquée. Tout le monde se plaint. Aujourd’hui, la mêlée, c’est une chance sur deux de se faire pénaliser. » Un arbitrage plus dur qui crée une certaine incompréhension chez les joueurs, à l’image de Maxime Machenaud. « J’ai l’impression que c’est un peu aléatoire ces pénalités, c’est un peu un coup sur deux, peste le demi de mêlée international du Racing Métro 92. Je n’ai pas l’impression qu’on voit vraiment les fautes. Mais c’est vrai que c’est compliqué à arbitrer. »

Lombard : « Il y a sans doute une responsabilité des arbitres »

Il faut dire que les chiffres sont cruels avec la discipline. Depuis le début de la saison en Top 14 et Pro D2, 5 cartons rouges ont été distribués en 22 matchs (plus 5 rouges en matchs amicaux) et un record de 27 cartons jaunes a été établi lors de la 2e journée de Top 14. Point d’orgue de cette avalanche de fautes et de sanctions, les 46 pénalités sifflées lors de Castres-Grenoble. Ancien international et membre de la Dream Team RMC, Thomas Lombard se montre assez critique à l’encontre du spectacle proposé. « Soit les joueurs ne sont pas du tout disciplinés, soit les arbitres sont d’une intransigeance absolue, regrette-t-il. Il y a sans doute une responsabilité des arbitres qui veulent être pointus sur la règle. Mais, il y a aussi une part de responsabilités des joueurs. »

Fabrice Landreau, l’entraîneur grenoblois, pointe quant à lui du doigt la formule du Top 14. « Le suspense a créé des blocages peut-être psychologiques et seul le résultat compte, souligne-t-il. Et ce qui se passe derrière, c’est qu’on se trouve sur des matchs fermés, où on joue la stratégie. Le jeu passe après. L’important ce n’est que le résultat. Il y a peut-être cette formule de championnat qui est un peu trop exigeante au niveau du résultat. »

Le mot de la fin reviendra malgré tout à Gonzalo Quesada. Une note d’optimisme qui relativise la notion de spectacle. « Le Super XV (le championnat de l’Hémisphère Sud, ndlr), on voit qu’il y a du jeu, du spectacle mais pas de spectateurs, note l’entraîneur du Racing. Est-ce que le spectacle c’est juste un ballon qui bouge dans tous les sens, 150 passes par actions, ou est-ce que le spectacle, c’est sentir l’émotion d’une équipe qui va tout faire pour gagner ? Il y a moins de passes, mais les gens sont contents de venir au stade. Ce n’est pas le cas dans le Super XV. » Un message positif qui aura bien du mal à passer auprès des amoureux du French-Flair et des grandes envolées…

Pierre Amiche avec Laurent Depret