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Les adieux réussis de « la Bûche »

William Servat

William Servat - -

Le talonneur du Stade Toulousain a conclu une carrière exceptionnelle par un nouveau titre de champion de France, ce samedi. Encore impressionnante, « La Bûche » peut prendre ses nouvelles fonctions d’entraîneur des avants en toute tranquillité.

William Servat a quitté deux fois le terrain du Stade de France, ce samedi face à Toulon (18-12). Une fois temporairement après son carton jaune écopé après un échange corsé avec Sébastien Bruno (51e). Une autre fois définitivement quand M. Poite a sifflé la fin du match et celle de la carrière du talonneur toulousain. A 34 ans, « la Bûche » a tiré sa révérence de la plus belle des manières, en décrochant le troisième titre de champion de sa carrière (après 2008 et 2011, plus trois H Cup et deux Grands Chelems avec les Bleus). Surtout, le pilier international (49 sélections) a été l’un des grands artisans du 19e Brennus de son équipe en emmenant dans son sillage une redoutable mêlée.

Une manière de situer le niveau d’exigence qu’il demandera à partir de la saison prochaine quand il enfilera son costume d’entraîneur des avants à la place de Yannick Bru, qui rejoindra définitivement l’équipe de France. « William et Yannick partent avec le sentiment du devoir accompli », se ravit Jean-Baptiste Elissalde, entraineur des arrières. « William Servat leur a fait énormément de bien, reconnaît Bernard Laporte, entraîneur toulonnais et ancien sélectionneur de l’équipe de France. C'est peut être le meilleur talonneur du monde. »

Servat : « J’ai la chance de ne pas connaitre la petite mort du rugbyman »

Tout proche de toucher le graal lors de la dernière Coupe du monde avec la France, en octobre dernier, le natif de Saint-Gaudens a bouclé la boucle. « Il méritait de partir sur un titre de champion de France, approuve son coéquipier argentin Patricio Albacete. Il n’y a pas de meilleure façon d’arrêter sa carrière. » Au moment de monter les marches de la tribune présidentielle, Thierry Dusautoir, capitaine toulousain, a laissé passer son talonneur pour recevoir le « bout de bois ». « Je finis ma carrière en club aujourd'hui et je crois que je n'en ai pas encore réellement conscience, a déclaré l’intéressé. Je suis simplement ravi de partir, non pas avec le sentiment du devoir accompli... mais pas loin, car on a rempli notre part de contrat. On repart avec le Bouclier, c'est un moment extraordinaire dans une carrière. C’est même plus important qu’un titre de champion d’Europe. »

Avant de prendre ses nouvelles fonctions, il disputera deux derniers matches avec les Barbarians à Tokyo. Il changera ensuite de costume à son retour au club. « J’ai la chance de ne pas connaitre la "petite mort" du rugbyman, ni de couper avec le vestiaire et de perdre l’ambiance du jour au lendemain, explique le président du comité des fêtes de l’équipe. Ce sera différent. J’ai l’impression d’être quelqu’un qui partage beaucoup sur les valeurs. L’année prochaine, il faudra prendre du recul par rapport à ça et laisser la place à d’autres. » Au revoir Monsieur Servat !

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L’au-revoir du groupe à son « papa »|||

Tous les coéquipiers de William Servat voulaient lui offrir un dernier Bouclier pour son départ. Pour lui, sa généreuse personne et son rôle de leader de vestiaire. A la fin du match, il a été soulevé de terre par le jeune Gilian Galan, qui n’était pas sur la feuille. Tour à tour, les étreintes se sont succédées : Vincent Clerc, Christopher Tolofua, Gurthrö Steenkamp, Yoann Maestri, tous voulaient embrasser le « papa » du groupe. Puis il a pris la direction d’un quart de virage, cherchant dans le public. Cette fois-ci, c’est le bisou de sa femme, Julie, que le gladiateur était venu chercher. Le capitaine Thierry Dusautoir a insisté pour qu’il monte les marches de la tribune officielle en premier. Et c’est tous les deux qu’ils ont soulevé le Bouclier, entourés de leurs coéquipiers.