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Les états d’âme de Laporte

Bernard Laporte.

Bernard Laporte. - -

Au lendemain de sa sortie remarquée de Mayol après la défaite de Toulon face à Grenoble et des déclarations de Mourad Boudjellal, l’avenir de Bernard Laporte au RCT semble flou d’autant que l’Argentine l’a approché. Etat des lieux.

Deux défaites consécutives, une douche froide à Mayol, la mine des mauvais jours. Ces derniers temps, Bernard Laporte ne semble plus vraiment s'amuser. Jusqu’à présent, lui qui a repiqué au jeu en 2011 en succédant à Philippe Saint-André à la tête du Racing Club de Toulon, a plutôt réussi son coup avec une finale du Top 14 et du challenge européen en 2012, suivie au printemps dernier d’une nouvelle finale de Top 14 et surtout, d’un sacre européen à Dublin contre Clermont. Un bilan très flatteur.

Oui mais voilà, l'exigeant Bernard Laporte ne reconnait plus le rugby qu'il a connu jusqu'en 2007 à la tête de l’équipe de France, et ne s’en cache pas. « Nous on est premiers avec Toulon et on est nuls, reconnaissait l’ancien secrétaire d’Etat aux Sports fin novembre après les mauvais tests des Bleus. Quand je vous dis qu’on est nuls, on est nuls. Le constat est terrible : le rugby français d’aujourd’hui n’est pas de qualité, et j’englobe les clubs. Et j’en fais partie au quotidien… »

Futur sélectionneur de l'Argentine ?

Championnat, joueurs, formation, arbitrage. Bref, c’est tout un environnement qui ne convient plus à Laporte. Et en off, l'éloignement de sa famille restée en région parisienne commence aussi à peser... Au point que samedi, à l’issue de la défaite à domicile des siens face à Grenoble (21-22), Mourad Boudjellal, son président, a clairement exposé sa crainte de voir son manager lui demander d'arrêter son contrat avant son terme, fixé à juin 2015. « Bernard est quelqu’un qui réagit toujours à chaud, et je sais que ce soir il en a marre, a-t-il ainsi lâché. On l’a vu dans les vestiaires. Je ne l’avais jamais vu comme ça (…) Bernard ne prend plus son pied comme avant et il y a trop de choses qui sont amateurs à ses yeux (…) Quoiqu’il se passe, on avisera. Bernard Laporte, c’est Bernard Laporte. C’est un électron libre. Il va, il vole, il papillonne, il va où il veut, il n’est retenu nulle part, à part par la passion. »

Arrêter le rugby, faire une pause... Par le passé, l’intéressé n'a connu qu'une seule saison et demie comme coach en 1ère division avant de quitter le Stade Français pour devenir sélectionneur des Bleus pour huit saisons. A cette heure, RMC Sport est en mesure de vous dire que l'Argentine l'a déjà approché, en novembre dernier. D’autres nations majeures étudient la possibilité de le recruter. Mais attention, Laporte est avant tout un compétiteur et l'adversité qu'il rencontre avec Toulon peut aussi piquer son orgueil. Et l'inciter à rester jusqu'au bout de l’aventure varoise.

L.P.