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Lièvremont : « L’USAP, mon favori de cœur »

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En marge d’une confrontation amicale foot et rugby entre les familles Lièvremont et Cantona, le sélectionneur de l’équipe de France a accepté de revenir sur l’actualité du rugby français : Top 14, Coupes d’Europe, et XV de France.

Marc Liévremont, quel est votre avis sur la performance de Bourgoin, qualifié en finale du Challenge Européen et pas encore assuré de son maintien en Top 14 ?
Les joueurs se sont « pelés » (donnés, ndlr) sur le terrain. Ils n’ont pas fait l’impasse sur la Coupe d’Europe. Ils ont longtemps lutté contre le maintien. Ils pratiquent un bon rugby, continuent à former de nombreux joueurs dans un contexte économique difficile. J’espère qu’ils seront champions d’Europe, qu’ils vont continuer à se battre et se maintenir en Top 14. Et puis tant pis, si par les biais des qualifications directes ou indirectes, leur épopée en Coupe d’Europe coûte une place à l’un des trois « B » (Bayonne, Biarritz ou Brive, ndlr).

En tant que sélectionneur, comment percevez-vous les réformes votées par la LNR le 2 avril dernier (une mesure visant à abaisser à 30 % la présence des joueurs étrangers dans les effectifs en trois ans, un salary cap plafonné à la moyenne des trois plus grosses masses salariales du Top 14. et l’ajout d’une journée de phase finale, ndlr) ?
Le salary cap ? Je n’en vois pas l’intérêt pour l’équipe de France. On sait que ce sera difficilement applicable. La règle sur la limitation des joueurs étrangers ou en tout cas la volonté de mettre en place un pourcentage minimum de joueurs formés en France dans les clubs, ce sera compliqué à appliquer et ça paiera dans deux-trois ans. C’est bien en tout cas de vouloir travailler, de vouloir légiférer. Ça ne se fait pas sans mal non plus. J’espérais beaucoup depuis l’élection d’un nouveau président de la Ligue, d’un nouveau président de la Fédération. J’espérais que les deux parties se rapprochent, discutent et qu’il y ait un consensus commun pour faire avancer le rugby français. Manifestement, ça va être très compliqué. Beaucoup continuent à ne s’intéresser qu’à leurs petits intérêts personnels et pas forcément à l’intérêt du ballon ovale tricolore.

Comment comptez-vous aborder la prochaine tournée en hémisphère sud (du 13 au 27 juin), sachant que certains de vos internationaux seront alignés lors de la phase finale du Top 14 ?
Nos adversaires ont leurs joueurs depuis trois semaines. Nous, on va récupérer nos joueurs quatre jours avant notre premier test. On les aura nos joueurs, c’est sûr mais alors dans quel état avec onze heures de décalage horaire. Je préfère en sourire, me dire qu’on va y aller et que ce sont toujours des tournées humainement et sportivement intéressantes. L’année dernière, je me souviens que cela avait été laborieux. Là, il y aura trois tests face à deux des meilleures nations au monde (Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, ndlr). On ne les prépare pas forcément dans des conditions exceptionnelles. Il faut en prendre notre parti. Ce sont toujours des belles parties à jouer et on espère bien rivaliser avec les meilleurs dans l’hémisphère sud.

Pour finir, qui est favori pour le titre de champion de France en Top 14 cette saison ?
J’aimerais bien que ce soit l’USAP. Les joueurs l’ont dit eux-mêmes : ils sont premiers du championnat au cours d’une saison où ils n’ont pas été épargnés par les blessures, dont celle notamment de Daniel Carter. Avec lui, ils auraient encore eu peu plus de chances. Ils intègrent énormément de jeunes… Oui, l’USAP est mon favori de cœur. On a vu également que le Stade Français, avec le retour de ses cadres, revenait plus que compétitif après une saison laborieuse. Clermont a également retrouvé son rythme de croisière. On n’attend plus que le grand Stade Toulousain. Connaissant leur effectif, je ne me fais pas de soucis pour eux. Tout cela promet en tout cas pour les demi-finales.

La rédaction - Julien Landry