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Lombard : « On ne peut pas tout avoir »

Thomas Lombard

Thomas Lombard - -

L’arrivée massive de joueurs étrangers dans le Top 14 met en péril la progression des jeunes joueurs tricolores et donc du XV de France. Pour Thomas Lombard, membre de la Dream Team RMC Sport, difficile de trouver une solution.

Jonathan Sexton (Racing-Métro), Bryan Habana (Toulon), René Ranger (Montpellier) ou encore Richie Gray (Castres). Cette année encore, les stars étrangères sont arrivées en masse dans le Top 14. Une vague à double tranchant, comme l’explique Thomas Lombard, membre de la Dream Team RMC Sport : « Si on se met du côté des clubs, c’est une chose formidable qu’on puisse avoir autant de talents qui viennent faire la promotion de notre rugby. Des Jonny Wilkinson, des Bryan Habana ou des Jonathan Sexton, pour ne citer qu’eux, vont aspirer derrière eux des spectateurs supplémentaires et mettre notre championnat en lumière.

Après, quand on se place du côté de l’équipe de France ou même des joueurs français, c’est un peu plus pénalisant parce qu’à certains postes, comme l’a dit Philippe Saint-André, on se rend compte qu’on commence à être en grande difficulté pour trouver des talents. C’est le cas par exemple au poste de pilier droit, en trois-quarts aile ou en demi d’ouverture. Il commence à y avoir certains petits problèmes. Mais ce qui est sûr, c’est qu’on ne peut pas tout avoir. C’est le débat de fond du rugby français, à savoir trouver une convergence de l’intérêt des clubs et de la sélection. Mais c’est très difficile. »

« Pourquoi ne pas créer un système incitatif ? »

Pour arriver à conjuguer compétitivité du Top 14 et de l’équipe de France, Thomas Lombard propose une solution : « Il y a une problématique à soulever : les joueurs sud-africains, australiens, voire néo-zélandais, en mettant de côté les plus chevronnés, coûtent moins cher. L’euro aujourd’hui est une des monnaies les plus fortes, donc l’attractivité financière fait que les joueurs ont tous envie de venir dans le Top 14. Ils font une bascule importante. Un Sud-Africain qui vient en France, il gagne beaucoup plus d’argent que s’il restait chez lui. Quand tu es entraîneur, est-ce que tu vas prendre le risque de faire débuter un jeune, même s’il a les qualités, ou est-ce que tu vas aller chercher un joueur qui, pour le même salaire, offre des garanties plus abouties ? C’est là où le problème se pose. Le seul moyen pour venir à bout de ça est d’imposer un quota de joueurs issus de la formation française, non pas dans les effectifs, mais sur les feuilles de match. Et pourquoi ne pas créer un système incitatif ? »

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