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Mohed Altrad, du désert au MHR

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Peu connu du grand public, Mohed Altrad, président du MHR depuis février 2010, a une histoire qui mérite d’être connue. Né dans le désert et promis à une vie anonyme, cet homme atypique voit grand pour le club héraultais.

Il n’a pas l’exubérance d’un Boudjellal ou d’un Guazzini. Mohed Altrad, discret président du Montpellier Hérault Rugby, est pourtant un personnage. Comme rarement le Top 14 a dû en connaître. Son histoire ? Invraisemblable. Folle même. De sa naissance dans une tribu nomade en Syrie à son accession à la présidence du club héraultais, chacune des lignes de son parcours semble tout droit sortie de l’imaginaire d’un scénariste illuminé. Elevé comme un bédouin, il apprend à lire seul. Se rend à l’école en cachette. S’attire la jalousie des autres enfants par ses bons résultats, au point qu’ils l’enterrent un jour dans un trou et le laissent pour mort. 

C’est presque par hasard qu’il arrive en France après le Bac, alors que la formation de pilote de chasse qu’il convoitait en Ukraine lui ferme ses portes in extremis. « Il partira pour la France réaliser son rêve : devenir quelqu'un. Quelqu'un d'autre », évoque le quatrième de couverture de son autobiographie. Désormais à la tête du groupe Altrad, avec un chiffre d’affaire de 417 millions d’euros, Altrad est effectivement quelqu’un d’autre. Le petit bédouin fait désormais partie des 150 plus grosses fortunes de l’Hexagone, et c’est avec humilité et ambition qu’il a rallié le monde du rugby en 2010.

Galthié : « Il fait partie du miracle de notre club »

« Je suis arrivé dans ce milieu sur la pointe des pieds et je n’ai pas envie de tout casser, raconte-t-il. Je n’ai pas envie de tout chambouler. » Ce qui ne l’empêche pas de viser très haut pour Montpellier, à plus ou moins court terme. « Quelle que soit la situation personnelle dans laquelle je me trouve, je veux arriver en haut et rester en haut. J’ai toujours fait ça. Aujourd’hui, voir Montpellier champion, c’est une hypothèse qui existe, qui est réaliste, qui est justifiée. Et je suis persuadé qu’on va y arriver un jour. » 

Méthodique et déterminé, Altrad a commencé par assainir les finances du club et veut continuer de grandir. Avec patience et discrétion. « On n’a pas envie de ressembler à Toulon, poursuit-il. Pas parce que Toulon n’est pas un bon exemple, mais on a notre caractère, notre vision des choses. J’ai envie d’être moi-même dans ce club, avec mes qualités et mes défauts. » Et la greffe a pris, à en croire Fabien Galthié. « J’ai une confiance totale en lui et j’espère qu’il a confiance en moi, explique l’entraîner montpelliérain. Vu d’où vient le club, ce qu’il se passe, c’est un miracle. Il fait partie du miracle de notre club et j’ai envie de l’aider. »

Finaliste du Top 14 en 2011, le MHR de Mohed Altrad n’attend qu’une chose : y retourner. « Est-ce que c’est cette année, l’année prochaine, l’année d’après ? Je ne peux pas vous le dire », conclut-il. Lui qui a dû tirer sa date de naissance au sort, faute d’information, et qui a pu naître, selon lui, entre 1948 et 1955 (son passeport indique 1951), n’est clairement pas à un an près.

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A.T. avec J.L.