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Mont-de-Marsan : le rugby pour les nuls

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Avec un point pris sur les 40 mis en jeu depuis l’ouverture du Top 14, Mont-de-Marsan semble déjà promis à la Pro D2. Pas question cependant pour les Landais, qui accueillent l’UBB samedi (18h30) lors de la 9e journée, de renoncer.

Mais que sont-ils venus faire dans cette galère ? A la table du Top 14 depuis le début de la saison, tout le monde a droit à sa ration de soupe. Mais quand vient le tour de Mont-de-Marsan, la marmite est invariablement vide. Les Montois ont ainsi subi huit défaites en autant de rencontres, inscrit un point, et encaissé un écart moyen d’un peu plus de 16 points. Dix points, un gouffre à ce stade de la compétition, les séparent de l’UBB, 13e, leur adversaire ce samedi (18h30) au stade Guy-Boniface. Monté l’année dernière après un match de barrage remporté face à Pau, Mont-de-Marsan en Top 14 cette saison, c’est un peu comme Jean-Marc Mormeck laminé par le géant Wladimir Klitschko après quelques rounds lors du championnat du monde des lourds en mars dernier.

Une histoire illustre ce parfum d’amateurisme bon teint qui perdure dans la préfecture des Landes, plus petit budget du Top 14 (6,5 millions d’euros). Avant le début de saison, la statue du mythique Guy Boniface, qui trônait à l’entrée du stade, a été dérobée. La solution imaginée par les dirigeants pour pallier l’affront ? Afficher une photo géante de lui dans les tribunes. A l’heure des « Pom-pom girls », des concerts de rap d’avant-match et des feux d’artifices qui inondent les autres stades, on est bien loin des standards désormais pratiqués dans l’élite. Et si par son ampleur, le décalage entre Mont-de-Marsan et les autres tient au mieux du pittoresque, certains n’hésitent pas à évoquer un Top 14 transformé en « Top 13 » cette année.

Cabannes : « On prend du plaisir »

Face à cette hypothèse d’un championnat faussé, le président Cazeaux ne cache pas son agacement. « Depuis huit matchs, je n’ai pas vu une seule équipe qui ne nous a pas respectés, affirme le patron landais. Quelques équipes s’en sortent assez bien d’avoir gagné contre nous. A part peut-être un match où on a lâché, à Grenoble, si on gagne les autres, il n’y a pas de scandale. » Sur le terrain, les joueurs s’adaptent tant bien que mal à leur statut de derniers de la classe.

« Dans la défaite, on arrive à prendre du plaisir quand on joue contre des grandes équipes, lance le 3e ligne Julien Cabannes. On prend du plaisir quand on marque des essais ou quand on franchit leur défense. » Mêmes affublés du bonnet d’âne, les joueurs n’ont pas perdu le sens de l’humour et de la solidarité. « Si vous n’avez pas de bonne ambiance, vous êtes morts, rappelle l’ailier Martin Jagr, qui a connu pareille situation avec Toulon. C’est la première marche vers l’enfer. On va essayer de s’accrocher aux petits plaisirs et aux petits bonheurs. » De l’humour, il va en falloir aux Montois pour encaisser les déceptions du chemin de croix qui s’annonce. Car il est encore long.

Sylvain Reignault avec Olivier Schwarz