RMC Sport

Novès : "Sélectionneur ? Je me reposerais effectivement la question…"

ENTRETIEN RMC SPORT. A 61 ans, Guy Novès n’a connu qu’un seul club, le Stade Toulousain. Depuis 1974, il est toujours resté fidèle aux « Rouge et Noir » avec qui il a tout gagné. Seulement voilà, depuis deux ans et demi, le Stade Toulousain ne gagne plus. Pire, pour la première fois en vingt ans, il n’était pas du dernier carré du Top 14 la saison passée, battu à domicile en barrages par le Racing Métro. Alors, avant d’aller défier le leader Toulon samedi au Stade-Vélodrome (16h35), il a accepté de se livrer au micro de RMC Sport.

Guy Novès, lors des deux dernières saisons et malgré votre palmarès, le Stade Toulousain joue davantage la qualification que les deux premières places. Quand on est entraîneur, doit-on s’y résoudre ?

Ça fait déjà quelque temps qu’on s’est résolu à ce genre de problématique. Le rugby évolue. Les équipes adverses sont hyper armées aujourd’hui. Avec notre début de saison, il ne nous reste plus qu’à nous battre pour revenir dans les six premières places. On a eu une période très compliquée avec un certain nombre de blessés aux mêmes postes. Ça nous a posé énormément de problèmes.

Toulon et Clermont ont-ils désormais un temps d’avance sur vous ?

Toulon qui est champion de France, deux fois champion d’Europe, est en train de passer devant de façon légitime. Clermont reste toujours sur un titre en 20 ans… Je serais donc plus humble sur l’ASM même si cette équipe est très performante en championnat comme en Coupe d’Europe.

Le Stade Toulousain est-il capable de soulever un 20e Bouclier de Brennus ?

Tant qu’on est encore dans la compétition, j’y crois. Quand je vois la capacité des joueurs, je pense qu’on peut encore être très ambitieux pour le résultat final même si on est encore très loin de la qualification.

Les deux dernières saisons n’ont-elles pas été usantes ?

Quand on gagne, c’est usant aussi. Les années où on a gagné, cela a été le fruit de beaucoup de travail, de concentration, de nuits blanches… Quand on perd, évidemment que c’est usant mais c’est le métier. On ne peut pas toujours gagner. On essaye de le faire le plus souvent possible mais l’adversaire n’est pas toujours d’accord.

L’avenir de Guy Novès n’est pas éternel. Réfléchissez-vous à votre avenir ?

Guy Novès a toujours réfléchi à son avenir. Il a toujours en tête quel jour il s’arrêtera. Je suis quelqu’un de médiatique. Mes détracteurs veulent me faire arrêter rapidement. D’autres veulent que je reste et moi je ferai ce que je veux. C’est-à-dire pour le moment me battre avec les gens avec lesquels je travaille, en qui j’ai confiance.

Ce départ, nous n’y pensez-vous pas un peu ?

Même si les années passent et que je vois maintenant le bout arriver, je ne l’aborde pas. Je suis trop concentré sur mon travail et mes objectifs à courts termes, c’est-à-dire un déplacement à Toulon samedi, et mes objectifs à moyen-termes qui sont une qualification dans les « 6 ». Voilà ce qui anime ma pensée professionnelle.

Vous êtes pourtant connu pour anticiper avant tout le monde….

Anticiper, c’est le rôle de tout à chacun. Dans l’idéal c’est effectivement anticiper sur son avenir. Et c’est vrai que pour pouvoir donner la pleine mesure de mes capacités, il faut que je sois serein sur ce plan-là. Maintenant, il faut aussi s’adapter aux événements. Ce sont les événements qui dicteront un petit peu mes choix.

Etre président du Stade Toulousain, ça vous plairait ?

Je vais faire du « politiquement correct », je ne vais pas répondre à cette question qui ne se pose pas à l’heure actuelle. Pour le moment je suis manager sportif. Je travaille en harmonie avec les personnes du club.

Qu’avez-vous pensé de la prestation du XV de France contre l’Angleterre ?

Si l’on n’a pas vu le match et que l’on regarde que le score, on se dit que ça a dû être dur pour l’équipe de France. Mais quand on a vu le match et que l’on est coach, et surtout coach de cette équipe, j’imagine qu’on peut avoir des prétentions pour la suite. On peut bâtir sur des fondations après ce match. Le score fera dire aux grincheux que ce n’est pas logique, qu’on a pris 55 points… Mais les coaches vont se servir des moments intéressants et des moments où l’on a un peu balbutié, notamment en défense dans certains comportements. On peut vraiment avoir une base de travail.

Vous deviez succéder à Marc Lièvremont en 2011 à la tête du XV de France mais vous avez refusé. Accepteriez-vous le poste de sélectionneur après Philippe Saint-André à l’issue de la Coupe du monde ?

Quand on me l’a proposé, je m’étais posé la question. J’ai pris une décision au bout de plusieurs semaines. Si on me le reproposait, je me reposerais effectivement la question effectivement.

Pierre Camou, le président de la FFR, souhaite le rassemblement du plus grand nombre de compétences….

Le président actuel essaye d’avoir un coup d’avance et d’anticiper l’avenir. Je trouve ça très bien. J’imagine qu’il a consulté un certain nombre de personnes. En se servant de l’expérience de ces dernières années, c’est bien de pouvoir anticiper l’avenir de l’équipe de France.

Vous avez été consulté ?

Je n’ai pas été consulté, non.

Propos recueillis par Wilfried Templier