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Panique au Pays Basque !

Le président de Biarritz Serge Blanco vit une saison délicate

Le président de Biarritz Serge Blanco vit une saison délicate - -

Auteurs d’un début de saison délicat, les deux rivaux, Biarritz (12e) et Bayonne (13e) sont confrontés aux mêmes difficultés en Top 14. En terre basque, les mauvais résultats du BO et de l’Aviron ont forcément des conséquences dans une région où le rugby est plus qu’un sport. Reportage au cœur de deux formations en crise.

Rien ne va plus au Pays Basque ! Depuis le début de saison, les deux rivaux voisins, Biarritz (12e) et l’Aviron Bayonnais (13e), enchaînent les piteuses prestations. A tel point qu’en cette terre où l’ovalie est roi, les supporters habitués à voir leurs clubs truster le haut du classement commencent à désespérer : « On n’a plus la place qu’on mérite, balance Olivier, boucher bayonnais. A ce niveau-là, avec les joueurs qu’on a et tous les moyens mis en place, ce n’est pas normal. On ne peut pas se le permettre…». « On est touché, enchaîne Jean-Michel, patron de bar à Bayonne. On a deux grosses équipes et on se retrouve en queue de peloton. On est malheureux de voir ça. »

De Bayonne en passant par Saint-Jean Pied de Port jusqu’à Biarritz, ces deux supporters ne sont pas les seuls à se lamenter. Car à l’image de l’Olympique de Marseille en terre provençale, le BO et l’Aviron sont deux fabuleux baromètres : « Le rugby fait partie de l’identité de nos villes et de la région, confirme Thomas Jaussaud, adjoint aux sports à Bayonne. C’est un vrai lien social. Le rugby a une place importante au Pays Basque ».

Blanco : « Un plus un ne fait jamais deux »

Marc Baget (27 ans) s’en est rendu compte. Dernièrement, l’un des cadres du collectif de l’Aviron a même préféré éviter les regards méprisants au détour d’un marché ou d’un bistrot. « Moi, depuis samedi dernier (défaite contre l’UBB à domicile, 20-27), je n’ai pas été faire mes courses, raconte le troisième ligne. J’attends la prochaine victoire en Top 14 pour donner une autre image. On évite de trop s’exposer. On comprend tout à fait les supporters. Quand on sort du vestiaire, on regarde ses pompes. Mais ça nous fait honte ».

Pour autant, cette honte, il va falloir la surmonter. Car les deux clubs basques sont bel et bien condamnés à lutter jusqu’au bout pour ne pas connaître une traumatisante relégation. L’heure n’est donc plus à la rivalité entre deux clubs qui ont l’habitude de se détester : « Quand il y a deux frères, les deux frères vont se battre pour être le meilleur, clame Peïo Dospital, ancien président de l’Aviron. Mais quand les deux frères sont en difficulté, les deux vont s’entendre. Moi, actuellement, je suis triste pour les deux clubs. Si les deux clubs descendent, ça sera encore pire. Il n’y aura même pas de lot de consolation. »

Fragilisés, le BO et l’Aviron pourraient être tentés par une fusion. Pour Serge Blanco, cette éventualité, maintes fois évoquée, n’est pas pour autant d’actualité. « Aujourd’hui, il n’y a aucun serpent de mer, tranche le boss biarrot, Serge Blanco. Un plus un, cela ne fait jamais deux. Donc il ne faut pas vouloir provoquer. Quand on veut provoquer, il faut que tous les voyants soient au vert. Non pas au rouge. Quand on fait les choses dans des conditions difficiles, ça ne sert à rien. Une misère plus une misère, ça fait toujours une misère. Seulement, elle est un peu plus grosse, c’est tout ».