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Revol-Boudjellal, la guerre fait rage

Mourad Boudjellal perché sur son toit

Mourad Boudjellal perché sur son toit - -

Mourad Boudjellal poursuit la lutte à sa manière, entre petites provocations et grandes phrases. Déclarée il y a une semaine, la guerre entre la Ligue et le RCT ne devrait pas s’arrêter là. D’autant que le président toulonnais va faire appel de la sanction.

C’est une journée très particulière qu’a vécue ce samedi Mourad Boudjellal. Interdit de banc et de vestiaire pendant 130 jours, on n’a pourtant vu que lui. Dans le bus qui menait ses joueurs à Mayol, avant de les saluer un à un. Derrière un grillage, avec une pose à la symbolique évidente dont se sont régalés les photographes. Le stade entier comme toutes les caméras l’ont ensuite vu… perché au-dessus du tunnel emprunté par les joueurs pour rejoindre le pré. Il y a passé tout le premier acte. « On est dans un monde de fous. Il y a une sorte d’acharnement contre moi, a réagi Mourad Boudjellal après match. La Ligue a appelé à la mi-temps pour dire que je ne devais pas être là-haut. Je me sens exclu. La standardiste a plus de droits que moi au RCT ! C’est humiliant. » Privé de salle de presse, c’est à l’extérieur du stade qu’il s’est exprimé.

La belle victoire de ses ouailles sur Bayonne (50-10) lui a fait avaler la pilule en douceur. Ce qui ne l’a pas empêché de contre-attaquer au coup de sifflet final. S’est élevée alors dans Mayol une rengaine de Guy Béart qui scandait que « le premier qui dit la vérité doit être exécuté ». Une petite provocation savamment préparée par le président varois, surveillé toute la journée par trois cerbères dépêchés par la Ligue. Il n’a commis aucune infraction mais n’accepte pas pour autant sa situation. « On m’empêche de travailler pour un seul mot, s’est désolé Boudjellal. C’est une des sanctions les plus dures qui ait été prises pour un président de club, tous sports confondus. »

« Je veux un président de Ligue à 100% »

Au-delà de la sanction elle-même, c’est surtout son combat avec Pierre-Yves Revol et la Ligue qui a animé l’après-match. Mourad Boudjellal s’est d’abord félicité de la tenue prochaine d’une assemblée générale extraordinaire annoncée par le président de la LNR : « Si cette AG pouvait donner la possibilité d’un vrai débat, et non pas juste les écouter parler, ce serait un grand pas », a-t-il espéré. Il glisse aussi qu’il a pensé à Max Guazzini- sans le nommer – pour remplacer Revol si celui-ci venait à démissionner : « Il a la crédibilité, la carrure pour diriger le rugby français. » Mais il sait aussi qu’on n’en est pas encore là, que l’ancien président de Castres est encore en place. Et ça l’agace.

« Est-ce normal qu’il soit salarié de Pierre Fabre et président de Ligue quand on connait les enjeux pour le rugby de demain ? Il dit qu’il s’organise mais je ne sais pas comment il fait. Et moi je veux un président de Ligue à 100% ! J’entends qu’il s’occupe de magazines, d’édition, de laboratoire pharmaceutique, de la Ligue… Moi avec deux métiers j’avais du mal ! Je ne sais pas, c’est peut-être un mutant ! », s’est emporté Boudjellal, qui a clôt avec humour sa diatribe du jour: « Qu’ils me mettent en tribune si ça leur fait plaisir. Mais s’il y a un problème dans le stade et que je ne peux pas intervenir, c’est moi qui trinque. Et en une semaine de prison, ce n’est pas la sodomie arbitrale qu’on rencontre ! »

Silvère Beau avec Florent Germain à Toulon