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Revol-Boudjellal, le torchon brûle

Mourad Boudjellal

Mourad Boudjellal - -

Le ton est encore monté ce mercredi entre le président de la Ligue Nationale de Rugby et celui de Toulon. Alors qu’il passera le 25 janvier devant la commission de discipline pour ses propos tenus après la défaite de son équipe à Clermont (19-25), Mourad Boudjellal attaque « les vieux qui dirigent le rugby ». Ambiance.

Coup pour coup. Quand l’un publie un communiqué, l’autre répond quasi-instantanément. Après un premier échange mardi, la tension est montée d’un cran ce mercredi entre Pierre-Yves Revol, le président de la Ligue Nationale de Rugby, et Mourad Boudjellal, celui de Toulon. En cause, la sortie du second dimanche dernier après la défaite de son équipe à Clermont (19-25). « Une sodomie arbitrale » selon lui. Des propos « insultants » pour Pierre-Yves Revol, qui a saisi la commission de discipline.

Mourad Boudjellal, qui sera entendu le 25 janvier, s’était excusé la veille auprès de Christophe Berdos, l’arbitre de la rencontre, qui venait de reconnaitre son erreur. Mais sa colère s’était reportée sur Pierre-Yves Revol dans Var-Matin. « Je ne peux pas laisser passer certains propos et comportements, a expliqué le président de la LNR à RMC Sport. A ce rythme-là, demain, nous allons avoir droit à des gardes du corps pour protéger les arbitres. Ou comme au football, il va falloir mettre des grillages dans les stades. Il y a des limites à ne pas dépasser. »

Boudjellal : « Un entraîneur va péter un fusible »

« Je suis désolé, le mot sodomie ne me choque pas, a répondu Mourad Boudjellal dans le Moscato Show sur RMC. Je suis issu de la génération Pilote, Charlie Hebdo, Métal hurlant… Je crois que dans le rugby, on est de la génération Chasseur Français. Ça fait un écart de cultures. Les deux sont respectables. Mais j’ai l’impression que le problème essentiel, c’est que le rugby est dirigé par des vieux. Quand ils ne sont pas vieux dans leurs corps, ils sont vieux dans leurs têtes. » Une attaque en règle des institutions.

Et une crainte avouée face à l’immobilisme qu’il reproche aux dirigeants du rugby français. « Aujourd’hui, ce sont des mots. Demain, ce sera des coups, prévient Mourad Boudjellal. Ce ne sera pas moi qui les porterai parce que ce n’est pas mon truc. Un entraîneur va péter un fusible. Il va se dire : « Je joue ma place, le bifteck de mes enfants, sur l’erreur d’un mec. » Il va rentrer et le frapper. Et on sera allé trop loin, je suis d’accord. » Mourad Boudjellal aura allumé le feu.

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Boudjellal veut des arbitres « dix fois mieux formés »

« Il faut un arbitrage d’élite dans ce pays, clame le président du RCT. Il faut que ce soit du très haut niveau, avec un salaire plus que valorisant, des bonus, des obligations physiques parce qu’on ne peut pas arbitrer des sportifs de haut-niveau en ayant 30 kg de surcharge pondérale. Ça va trop vite. C’est aussi un salarié important qui doit profiter de la professionnalisation du rugby. Ça n’a pas été le cas. On doit avoir le GIGN de l’arbitrage. Je ne dis pas qu’ils ne feront pas d’erreurs. Mais on se rend compte que plus le niveau augmente, moins il y a d’erreurs. Il y en a toujours, mais moins. Comme le rugby est dix fois plus difficile à arbitrer que le football, il nous faut des arbitres qui soient dix fois mieux formés. »