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Servat, l’adieu du guerrier toulousain

William Servat

William Servat - -

A 34 ans, le talonneur emblématique du Stade Toulousain tirera sa révérence à l’issue de la finale du Top 14 contre Toulon (18h). Une dernière sortie majeure en guise d’apothéose pour ce colosse à la carrière immense et exemplaire.

Quand on évoque le nom de William Servat et que les langues veulent bien se délier dans le monde de taiseux qu’est celui des premières lignes de rugby, les éloges pleuvent. Exemplaire dans le combat, redoutable en mêlée fermée, vrai métronome au lancer, celui que l’on surnomme « La bûche » est un homme charnière au Stade Toulousain depuis plus de dix ans. Yannick Bru, ex-coéquipier de Servat devenu aujourd’hui son entraineur, est celui qui en parle peut-être le plus justement : « C’est le maillon fort. Celui qui permet au groupe de se fédérer. Il est président du comité des fêtes, président du comité de réflexion sur les phases statiques… C’est monsieur authenticité et fraternité. Il est reconnu et aimé pour ça par les jeunes et les moins jeunes, et c’est une grande chance pour le Stade Toulousain d’avoir eu un ciment comme celui-là pendant des années. »

Car William Servat est bien un joueur à part. Archétype du guerrier moderne, l’international est un joueur exemplaire sur le terrain et un talonneur doté de qualités exceptionnelles. Son ancien coéquipier, Emile N’Tamack, se souvient : « C’était un joueur hyper tonique capable de traverser le terrain sur 100 mètres. Une grande force, une grande résistance au contact, des appuis très forts. C’était un garçon qui jouait troisième ligne centre parce qu’il avait une vraie capacité d’accélération. J’ai vu William se transformer progressivement en prenant de la masse musculaire, mais il a toujours eu un talent exceptionnel ».

Bientôt entraîneur des avants

Servat aux yeux des autres, c’est simple, c’est un « roc indestructible » pour Jean Bouilhou, « un des meilleurs talonneurs au monde » pour Clément Poitrenaud. Et surtout, un joueur adulé au Stade Toulousain comme en témoigne l’ovation magistrale reçue en demi-finale pour ses adieux en tant que joueur au Stadium.

Car si cet adieu au terrain est un crève-cœur pour tous ceux qui apprécient les farouches combattants, il ne s’agira que d’un au-revoir au monde de l’Ovalie. Dès l’année prochaine, « La bûche » aura à répondre à un nouveau défi : prendre en charge les avants du Stade Toulousain aux côtés d’un autre personnage incontournable, Guy Novès.