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Top 14: Agen, le Stade Toulousain et l’ombre du variant anglais du Covid

C’était un duel au sommet. Mais la rencontre entre le Stade Rochelais et le Stade Toulousain, prévue dimanche soir en clôture de la 15e journée de Top 14, a été reportée. Des cas de Covid-19 au sein de l’effectif toulousain, après celui d’Agen, et la menace du variant anglais, ont poussé les instances à ne prendre aucun risque. Récit et explications.

Mercredi, l’annonce du report du match entre Bayonne et Agen pour cause de cas positifs au Covid-19 dans les rangs agenais n’augurait rien de bon. Adversaires du Stade Toulousain quatre jours plus tôt, on se doutait que les soucis des Lot-et-Garonnais allaient avoir des répercussions. "On a pas mal de suspicions. Ça paraît compliqué", lâchait un joueur.

En toute logique, un premier Toulousain était donc également déclaré positif en début de semaine. Entraînements annulés et effectif à nouveau testé jeudi. Pour un nouveau cas avéré en soirée. Pas de quoi reporter le match prévu à La Rochelle le dimanche suivant selon les règlements de la Ligue nationale de rugby, qui enclenche le processus à partir de trois cas.

"Sauf que ce vendredi matin, un symptôme est apparu chez un nouveau joueur, explique le manager toulousain Ugo Mola. Ce qui nous met dans une situation embarrassante. Ça peut faire passer de deux à trois et reporter le match à une date ultérieure." Nouvel entraînement annulé le vendredi après-midi, le seul depuis lundi, pas la meilleure façon de préparer le choc du Top 14 avec la première place du classement à la clé. Et ce qui devait arriver arriva. Ce vendredi après-midi, la LNR annonce donc le report, sans attendre la confirmation du potentiel troisième cas toulousain. Les symptômes suffisent.

Il faut déjà établir la rencontre entre Agen et Toulouse comme point de départ de cette contamination. "On ne sait pas, poursuit Mola. Agen a des joueurs positifs et nous on se retrouve aussi dans la semaine à avoir des joueurs positifs. On pourrait considérer que le terreau de l’échange se retrouve dans ce match-là. Après, on a beau appliquer des règles sanitaires sur nos déplacements, nos entraînements, à un moment, tout le monde rentre chez soi. Les joueurs croisent peu de monde mais ils en croisent." Tout de même. La concordance, dans un sens ou dans l’autre, de la contamination entre les deux équipes est là.

"Dans une période plus tendue"

Mais ce ne serait presque pas le principal enjeu, si ce n’est pour avoir une date précise d’incubation. Car derrière ce report, énième cette saison en Top 14, plane la nouvelle menace du variant anglais du virus. La peur de la contagion inquiète les instances.

"La Ligue, et ses différentes cellules, covid expert et covid urgence, nous a annoncé qu’un nouveau protocole était à l’étude, précise Jérôme Cazalbou, le manager du haut niveau au Stade Toulousain. Avec le variant anglais, cela amène une réflexion tout autre que ce qu’il s’était passé les mois précédents." Aucun risque ne sera pris afin d’éviter une contamination à grande échelle entre les équipes des suites d’un match.

"Si on était dans la situation du mois de novembre par exemple, on aurait pu prendre le bus et aller jouer à La Rochelle, ajoute Cazalbou. Avec ce variant et ses modifications, il y a un risque pour le Stade toulousain, les équipes que nous rencontrons et aussi les gens que nous croisons. Donc on va appliquer les directives. On échange avec Bernard Dufour, le président de la commission médicale de la LNR. Car avec le variant anglais, le protocole risque d’évoluer. On le fait en toute transparence et pour que les prochains cas positifs fassent cas d’école." Pour le moment, selon nos informations, les instances indiquent avoir confiance dans le processus actuel, sans pour autant envisager de le durcir (avec par exemple un test supplémentaire la veille du match et non plus à J-3?).

Seulement, au Stade Toulousain, qui avoue avoir connu une quinzaine de cas dans l’entourage large de l’équipe (joueurs, staff, dirigeants) depuis le début de la saison, on sent bien que la période qui arrive rebat les cartes. "Là, on est dans une période plus tendue et particulière avoue Mola. Il faut être encore plus prudent dans la gestion."

Et si le niveau d’alerte du rugby français va sûrement monter d’un cran, on souhaite faire face. "On est toujours un petit peu inquiet... on essaye d’envisager beaucoup de scénarios. C’est parfois délicat, parfois usant. Ce que j’espère, c’est qu’on continuera à être en mesure de jouer. Parce que je crois qu’il y a un impact réel. Je le vois autour de moi, avec mes enfants, avec mes amis. Si on s’enlève le match du jeudi soir au dimanche soir, les soirées vont être longues. Le foot, le rugby et tout le sport en général, ont un rôle sociétal."

WT (avec JFP)