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Top 14 : comment Reggiardo est en train de sauver Castres

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Appelé cet hiver pour sauver le Castres Olympique de la relégation, Mauricio Reggiardo est passe de réussir sa mission. Avant un pas peut-être décisif pour le maintien samedi face à Brive, RMC Sport s’est penché sur le phénomène argentin, qui peaufine encore un peu plus sa légende dans le Tarn.

Mauricio Reggiardo n’oubliera sans doute jamais le 7 mars 2015. Ce jour-là, Castres, qui reste sur trois défaites de rangs, accueille le LOU. Très mal en point en Top 14, le vice-champion de France touche le fond en début de deuxième période, mené 14-0 et réduit à 14 à la suite de l’expulsion de Yannick Caballero. Quarante minutes plus tard, le CO l’emporte 23-20. Un miracle auquel il est difficile ne de pas associer Mauricio Reggiardo, attendu comme le messie cet hiver pour remplacer l’entraîneur des avants Serge Milhas. « C’est le déclic, c’est sûr, s’exclame aujourd’hui l’entraîneur argentin. A la fin du match, j’ai dit aux joueurs qu’un truc comme ça ne m’était arrivé qu’une fois dans ma carrière. Ce jour-là, il s’est passé quelque chose d’extraordinaire. Je leur ai dit qu’il fallait qu’ils fêtent ça…»

Déjà sauveur du CO en 2007

Depuis, les partenaires de Rory Kockott ont retrouvé des couleurs. Et l’envie de gagner, ce qu’ils ont réussi à faire trois fois en cinq matches. Revenus de l’enfer après avoir flirté avec la Pro D2, les Tarnais ont même l’occasion d’assurer mathématiquement leur maintien dès ce samedi. Ils doivent pour cela obtenir une victoire bonifiée contre Brive et miser sur une défaite à zéro point de Bayonne sur la pelouse de l’UBB. « Les joueurs, le club, le public n’y croyaient pas, se souvient Mauricio Reggiardo. Moi j’ai dit : ‘‘On peut le faire. Ça ne dépend que de nous.’’ »

Celui qui fut le pilier du Castres Olympique durant neuf saisons (1999-2005) sait de quoi il parle. L’ex-Puma (50 sélections) a déjà joué les sauveurs pour son « club de cœur ». C’était en 2007 et il n’avait que quatre rencontres pour réussir sa mission. Cette fois, il a bénéficié de quatre mois car la suite de sa carrière devrait normalement le conduire à Albi, en remplacement d’Ugo Mola. Mais avant ce nouveau défi, Mauricio Reggiardo (45 ans) s’est donc attaché à bousculer un groupe englué dans la psychose. Comment pouvait-il refuser ça à ce Tarn qui l’a adopté ? « Chez moi », comme il dit.

Ortega : « Quand tu rentrais sur le terrain avec lui, tu te sentais protégé »

Mais comment s’y prendre ? « Il n’y a que des bons mecs, il fallait leur redonner confiance. J’ai essayé de les connaître, de leur parler, de trouver une certaine complicité avec eux tout en gardant du respect. Il faut se dire les vérités tout le temps, être franc. Parfois, ça fait mal, mais c’est comme ça qu’on avance. Le travail ? Oui, quand on bosse, c’est pour de vrai. Mais il faut aussi prendre du plaisir. » Le message passe bien. Très bien, même. L’Uruguayen Capo Ortega, capitaine du CO et ex-équipier de Reggiardo pendant trois ans, peut en témoigner. « Quand tu rentrais sur le terrain avec lui, tu te sentais protégé car c’était quelqu’un qui maitrisait très bien son jeu. Dès que j’ai su qu’il allait venir, je savais qu’il allait apporter une envie énorme. Et qu’on allait s’en sortir. »

« Etre le meilleur là où le rugby ne nécessite pas de talent »

« Il nous a amené la confiance qui nous manquait, ajoute Rémi Talès, le demi d’ouverture du CO. La phrase qu’il nous a dit c’est : ‘‘Il faut être le meilleur là où le rugby ne nécessite pas de talent.’’ » Et l’international français d’évoquer « l’envie », « la grinta », « le truc argentin »…. Des valeurs qui ont conduit le coach du CO à laisser femme et enfants à La Plata, en Argentine, le temps d’une parenthèse qu’il espère enchantée au centre d’entraînement du Lévezou. « Cette aventure, il faut la vivre à fond, dit-il. La semaine dernière, j’ai dit aux joueurs : ‘‘Il nous reste 17 jours à passer ensemble et après, c’est fini. On ne se voit plus. Moi je pars, toi aussi, etc…’’ Notre histoire s’arrête le 23 mai. » Avec le maintien à clé, il va sans dire…

Aurélien Brossier avec Wilfried Templier à Castres