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Top 14 : Revol calme le jeu

Pierre-Yves Revol

Pierre-Yves Revol - -

Lors de sa conférence de presse de rentrée, Pierre-Yves Revol a voulu apaiser le climat autour de l’arbitrage et des mêlées. Le président de la Ligue Nationale de Rugby estime que les nouvelles règles demandent un temps d’adaptation.

Les nouvelles règles
« Les nouvelles règles sont instaurées par l’IRB. Elles dépassent, et de loin, le cadre franco-français. On l’oublie un petit peu. Ensuite, l’arbitrage, c’est une compétence fédérale. Dans le rugby comme dans d’autres sports, c’est la Fédération française qui gère l’arbitrage. Parfois, dans les stades, on l’oublie aussi. Mon avis personnel a relativement peu d’intérêt. J’observe que tous les entraîneurs ont été réunis en début de saison par le président (Didier Mené) de la CCA (commission centrale des arbitres). La Ligue a deux représentants au sein de la CCA. Une nouvelle réunion est prévue entre tous les entraîneurs, Didier Mené et ses adjoints, le 31 octobre. Il y a des débats. Il y aura des points d’étape sur l’application des nouvelles règles. »

Les critiques contre l’arbitrage
« Beaucoup ont la mémoire courte. Je me souviens de la fin de saison dernière. De nombreux observateurs étaient les premiers à remettre en cause l’arbitrage en mêlées parce qu’on avait des matchs qui étaient amputés d’une bonne partie de leur temps par les mêlées refaites. C’était le thème d’actualité. Aujourd’hui, les règles sont appliquées de façon très stricte. Des mêlées écroulées, il n’y en a pas beaucoup qui sont refaites. Mais il me semble que c’est ce qui était souhaité l’année dernière pour justement essayer d’accélérer un petit peu le jeu. L’histoire des commandements, c’est l’IRB. On s’adapte. »

La mêlée au cœur des débats
« Je ne suis pas un spécialiste de la mêlée. Au sein même de la confrérie des piliers, il n’y en a pas beaucoup, il y a des avis très différents. Le président Serge Simon (de Provale, le syndicat des joueurs) a donné le sien. Lundi soir, j’étais sur la route et j’ai entendu un pilier avec tout autant d’expérience, Fabien Barcella (Biarritz), qui avait un point de vue complètement opposé à celui de Serge Simon. Il considérait que cette période d’apprentissage était inévitable et que pour autant, la mêlée ne disparaitrait pas et que tout rentrerait dans l’ordre une fois que les joueurs se seront adaptés. »

La notion de spectacle
« A ce jour, il y a peut-être un peu moins de spectacle en mêlée. Mais il me semble que ça a quand même tendance à accélérer la vitesse du jeu, à aller dans le sens du spectacle. Gardons-nous de tirer des conclusions péremptoires. Quant au public, on verra sur la durée si jamais le spectacle proposé génère une désaffection. Je n’ai pas le sentiment que ce soit le cas à ce jour. On verra. Il est évident qu’il faut un petit temps d’adaptation lorsqu’il y a de nouvelles règles. C’est la spécificité du rugby de changer de règles assez fréquemment. Certains sports sont immuables. On est un petit peu plus compliqué que les autres. Je suis persuadé que les choses vont rentrer dans l’ordre. »

Sa candidature à sa propre succession
« Je ne sais pas. Je prendrai ma décision d’ici à la fin du mois. L’appel à candidatures sera ouvert le 29 septembre. Peut-être que oui, peut-être que non. Ça dépendra essentiellement de différents arbitrages dans ma vie personnelle et professionnelle. Si je dois être candidat, il faut que je sois sûr de pouvoir consacrer à ces fonctions le temps nécessaire. C’est une affaire qui devient au fil des années de plus en plus importante. Les enjeux sont importants. Il faut être très loyal par rapport aux présidents de club. On ne peut prétendre à ces fonctions que si on est en capacité de les exercer à plein. C’est à moi de répondre à cette question d’ici à la fin du mois. »

Propos recueillis par LD