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Top 14 : "Un protocole sanitaire ingérable" selon Fonteneau, le président d'Agen

A l’image de ce qu’a fait la Ligue 1, les présidents de Top 14 aimeraient assouplir le protocole sanitaire en vigueur, qui entraine un report à partir de trois joueurs positifs au Covid-19, et avoir des résultats plus rapidement.

"Tout le monde retient son souffle à chaque résultat de test." Les propos du président de la Ligue Nationale de Rugby Paul Goze, à RMC Sport lundi, résument bien l’ambiance anxiogène qui règne au sein du Top 14 et de la Pro D2. A partir de plus de deux cas de Covid-19 au sein de son effectif, une équipe ne pourra s’aligner et verra son match reporté. "C’est trop restrictif", soulignent plusieurs dirigeants de clubs. Beaucoup militent pour assouplir le protocole sanitaire. Autrement, la saison pourrait être menacée tous les week-ends.

A Agen, Jean-François Fonteneau sait de quoi il parle. Cette semaine, le président du SUA a été testé à quatre reprises. "Lundi, j’étais négatif, mercredi j’étais positif, puis à nouveau négatif jeudi et lors d’un test en urgence samedi avant le match contre Castres", raconte-t-il. Son club, battu à domicile pour l’entame de la saison (22-26), a dû faire face à plusieurs cas cette semaine. Et à chaque fois, c’est un casse-tête et source d’une inquiétude.

"Il faut desserrer l’étau, selon Fonteneau. Il faut sortir bien sûr les gens asymptomatiques et surtout avoir des résultats dans les 4 ou 5 heures, sinon ça ne rime à rien. La semaine dernière, on a eu des résultats 4 jours après…Cela ne veut rien dire. Jeudi, on a envoyé les tests au CHU de Limoges qui nous garantissait une réponse en 24 heures. Autrement, nous ne connaissions les résultats que le jour du match. C’est ingérable, il faut plus de réactivité." 

Agen a envoyé ses examens à Limoges

L’avis est évidemment partagé par bon nombre de présidents du Top 14. Dont le Toulousain Didier Lacroix. "Je suis très favorable à une révision de ce protocole, nous disait-il cette semaine. Encore une fois, celui qui a été présenté à la Ligue Nationale de rugby est un protocole très sage. "Safe", comme on dit, et qui a la volonté première de protéger le plus de monde possible. Si on se penche sur la problématique du moment, la tranche d’âge des joueurs pro de rugby ne semble pas touchée par la maladie. Qu’on "sorte" les positifs, c’est une évidence, qu’on puisse le plus rapidement les isoler. On est positif, on sort et on est en quarantaine. Charge aux clubs d’avoir des effectifs qui se présenteront sur le terrain." Une option choisie par le football où les rencontres seront désormais "maintenues tant que 20 joueurs (dont un gardien) sur un effectif de 30 seront testés négatifs" au coronavirus.

"Tant que tu peux aligner une équipe, tu peux jouer, abonde Fonteneau. Mais, surtout, il faut augmenter un peu les quotas. Trois joueurs atteints sur un groupe de 45, c’est trop peu. Et il faut avoir les résultats des tests plus rapidement, dans les quatre heures. Si c’est le cas, on peut prendre des décisions et mettre à l’écart des joueurs concernés, et on évite de perdre un temps fou." Les laboratoires, pris d’assaut un peu partout en France, sont débordés. Pour le rugby professionnel, c’est évidemment un souci de plus. La LNR et sa commission médicale devraient prochainement plancher sur le sujet, en collaboration avec le gouvernement. "Il faut remettre le sujet sur le tapis" selon un président.

Jean-François Paturaud