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Top 14 : Vidéo gag ou le casse-tête de l’arbitrage

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Deux journées de Top 14 et déjà la polémique gonfle. Jeu haché, matches interminables, arbitres frileux. La réforme de l’arbitrage vidéo ne fait pas l’unanimité, loin de là. Et pourrait rapidement être remise en question.

La nouvelle mouture du règlement de l’arbitrage vidéo en Top 14 est en phase de test. Une étape pour l’heure peu concluante. Après deux journées de championnat, les critiques se multiplient autant que les arrêts de jeu. Alors que jusqu’ici, l’utilisation de la vidéo se cantonnait à la marque (pénalité, transformation, essai), depuis la reprise, le corps arbitral peut faire usage de la vidéo jusqu’à deux temps de jeu, notamment pour un en-avant ou un geste illicite. Résultat, les recours à la vidéo se multiplient, la partie est hachée, le temps de jeu a augmenté en moyenne de quatre minutes. Samedi à Biarritz, Montpellier s’est vu refusé quatre essais dans un match qui a duré plus de 100 minutes pour un score de… 19 à 12 en faveur du BO.

Le Castrais Yannick Caballero ne cache pas sa déception quant au nouveau règlement et à ses conséquences : « Je suis contre parce que cela hache vraiment le jeu. Avant, nous nous en servions très bien même s’il y avait toujours des litiges mais revenir 40m en arrière pour voir si une passe est en avant ou non c’est un peu ‘abusé’. Maintenant elle y est mais si cela tenait qu’à moi je resterais à ce qu’il y avait avant sans cette règle. »

Dumé : « Ça va faire l'objet de gros débats »

Egalement peu conquis par cette évolution, Fabrice Landreau, directeur sportif de Grenoble, s’inquiète surtout de voir les arbitres paralysés par ce règlement. « Nous avons le sentiment que dès qu’une équipe perd un match, c’est la faute de l’arbitre, donc eux-mêmes se protègent et finalement ils vont se retrouver avec un bâillon, sans la moindre perception, guidés simplement par la vidéo. Où est leur jugement et où est leur rôle ? Nous avons toujours appris que l’arbitre faisait partie du jeu. Il peut être dans un bon comme dans un mauvais jour et faire des erreurs. Aujourd’hui en tout cas la vidéo hache pas mal le jeu et cela remet pas mal de choses en questions », regrette le technicien isérois.

De lundi à jeudi, les arbitres français se réunissent en séminaire à Font-Romeu, afin de préparer la réunion du Board des arbitres, du 2 septembre. Les discussions sur l’usage de la vidéo seront bien évidemment au centre des débats. Joël Dumé, directeur technique national de l’arbitrage, affirme que certains changements sont d’ores et déjà à attendre. « Ça va faire l’objet de grosses discussions, de gros débats, affirme-t-il. On attend la réunion de l’IRB le 2 septembre, qui va peut-être modifier le protocole existant. Beaucoup de nations sont contre le fait que la vidéo soit utilisée sur des passes en avant. » De quoi rassurer les organismes des joueurs, probablement plus hostiles aux longues pauses lorsqu’arriveront les premiers frimas de l’hiver.

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J.B avec L.D et J.D