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Toulon-Castres, le choc des cultures

Masoe contre Wihongi, Toulon contre Castres, choc des cultures samedi au Stade de France

Masoe contre Wihongi, Toulon contre Castres, choc des cultures samedi au Stade de France - -

Face à Toulon et son armée de stars internationales, Castres va opposer son rugby à l’ancienne pour tenter, ce samedi (21h) au Stade de France, de soulever le bouclier de Brennus, 20 ans après le dernier titre. De son côté, le RCT ne vise ni plus ni moins que le doublé historique H Cup-Top 14.

C’est le choc des anciens et des modernes, du Sud-Ouest enraciné et du Sud-Est ouvert sur les mers, des « paras » et « marins ». De Castres et de Toulon. Deux personnalités du rugby tricolore qui se disputeront la succession de Toulouse, ce samedi (21h) devant les 80 000 spectateurs du Stade de France. Le beau temps annoncé sur la capitale en cette fin de semaine devrait donner encore plus de relief à ce clash des cultures entre Racingmen et Varois.

D’un côté, les Rouge et Noir, armada cosmopolite, avec dans ses rangs des champions du monde sud-africains, des stars all blacks, un champion du monde 2003 à la botte, et un ancien sélectionneur du XV de France à la baguette. Les concasseurs de la Rade, qui ont éparpillé Clermont en finale de la Coupe d’Europe et Toulouse en demi-finale du Top 14. Le RCT, et son président hors-norme, Mourad Boudjellal, fort en gueule de l’immigration. Quatrième budget de Top 14 (21,8 M€).

Caballero : « Ne plus avoir à pleurer à la fin »

De l’autre, les Bleu et Blanc, collectif de joueurs habitué aux places d’honneur, dans l’ombre du grand Toulouse, dirigé par un tandem de techniciens aux patronymes cocasses, Labit et Travers, le premier acteur du titre de 1993, et animé par le talentueux Rémi Talès. Les copains de Pierre-Antoine. Castres, qui a éliminé Montpellier et Clermont pour parvenir au Stade de France. LE CO et son bienfaiteur, Pierre Fabre, pharmacien castrais. Quinzième budget du championnat (15,6 M€). Terroir-caisse.

Le CO va connaitre l’ivresse des grands soirs, le premier depuis ce Brennus de 1993 arraché à Toulouse. Vingt ans mais une éternité. S’il gagne le toss, Talès choisira-t-il son vestiaire ? « Absolument pas parce que je n’y suis jamais entré. Ça fait bizarre parce que moi, j’ai toujours l’habitude de venir en tant que spectateur et de pouvoir découvrir l’envers du décor, c’est super. » Emerveillement tardif du n°10 qui goûtera, à 29 ans, sa première sélection avec les Bleus en juin en Nouvelle-Zélande.

Pas seulement champions du Tarn ?

Alors que Toulon compte « ne pas regarder ce que fait l’adversaire (Tillous-Bordes) », les Tarnais vont jouer pour la « famille ». Yannick Cabellero : « En 1993, j’avais 10 ans, maintenant c’est à moi de faire rêver les gens, de ne pas pleurer à la fin, de ne plus avoir les boules. » Ibrahim Diarra : « C’est la fin d’une histoire, ils connaissent tous mes défauts, j’aimerais leur faire plus beau des cadeaux. » Les deux Laurent prendront les rênes du Racing-Métro 92 la saison prochaine. Pierre Berbizier, manager des Franciliens, les avaient brocardés en les qualifiant de « champions du Tarn ». Avec le Bouclier au bout des bras ?

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Louis Chenaille (avec L.D., W.T.)