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Wilkinson : «Jusqu’à ce que mon corps dise non»

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L’ouvreur du RC Toulon s’est confié ce mercredi, suite à la sortie en librairie de sa biographie intitulée « Mémoires d’un perfectionniste ». A 33 ans, le champion du monde anglais n’envisage pas de raccrocher les crampons.

Jonny, la sortie de votre biographie signifie-t-elle que vous disputez votre dernière saison ?

Non pas du tout, je vais continuer tant que je me sentirai bien. Quand je suis bien, je pense que j’ajoute quelque chose à l’équipe et que je peux contribuer. Je vais continuer jusqu’à ce que mon corps dise non. J’irai jusqu’au bout.

Envisagez-vous une prolongation avec Toulon ?

Je vais parler avec eux (les dirigeants, ndlr). Le plus important, c’est de savoir s’ils sont contents de moi. Ce que je veux n’importe pas. Si Toulon n’est pas heureux de moi, je ne veux pas continuer, ça ne sert à rien.

Les chocs contre l’équipe de France tiennent-ils une place particulière dans votre carrière ?

L’équipe de France a toujours été quelque chose de spécial pour moi. Je jouais toujours contre les Français à de grandes occasions. Même les matches amicaux avant la Coupe du monde ou des rencontres plus tranquilles ont signifié quelque chose de grand. Je ne sais pas pourquoi. C’est peut-être à cause la passion et de l’énergie qu’il y a ici pour le rugby. Les deux demi-finales (Coupe du monde 2003 et 2007) et mon premier match contre la France en 2000 (victoire 15-9 au Stade de France, ndlr) ont été importants. Et s’ils n’avaient pas eu lieu, je ne sais pas si j’aurais fait tout ce que j’ai fait.

« Beaucoup de respect pour Michalak »

Quel est votre point de vue sur Frédéric Michalak ?

Super. Un vrai professionnel et un super joueur de rugby. J’ai beaucoup de respect pour lui et je commence à la connaître. C’est un des hommes les plus sympathiques que j’ai jamais rencontrés et il a un grand nombre de super valeurs.

Quels rapports entretenez-vous avec vos coéquipiers ?

Pour moi, le rugby est le vrai sport d’équipe. Tout le monde doit accomplir toutes les tâches. On ne peut pas dire : "Je veux attaquer avec le ballon mais pas plaquer." C’est pour cela que le rapport avec les coéquipiers signifie beaucoup pour moi. J’ai eu la chance de toujours croiser des gens importants mais humbles. A Newcastle j’ai croisé entre autres Rob Andrew ou mon entraîneur Steve Black, qui m’ont montré le bon chemin tout de suite. Et à côté de ça, en Angleterre, il y avait des joueurs très spéciaux comme Mike Catt. A Toulon, ça a continué avec Joe van Niekerk ou Pierre Mignoni. C’est pour cela qu’il y a le bon esprit autour de Toulon en ce moment. Parce qu’avant d’être des joueurs de rugby nous sommes des hommes et, ici, ils appliquent tous les valeurs du rugby.

Etes-vous conscient de votre statut d’icône, voire de sex-symbol ?

Je me vois comme quelqu’un qui a plus de points faibles que de forts. Je vis une vie tranquille parce que je suis encore timide dans certaines situations où il y a beaucoup de monde. C’est pour ça que le rugby m’a sauvé. C’est le moment où je m’exprime mais, dès que c’est fini, je referme les portes. J’ai une super vie avec ma copine ici et on est très chanceux et privilégiés. Je regarde plus souvent mes défauts et je me dis qu’il y a des gens mieux que moi. Je préfère rester comme ça.

Propos recueillis par Yann Pecheral