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Yachvili : « J’ai été un privilégié »

Dimitri Yachvili

Dimitri Yachvili - -

Invité ce jeudi du Moscato Show, Dimitri Yachvili est revenu sur sa retraite, programmée pour la fin de la saison. Sur la fatigue mentale et physique qui l’a poussé à dire stop. Et sur son bonheur d’avoir vécu une telle carrière.

Dimitri, qu'est-ce qui a motivé votre décision d'arrêter votre carrière ? Vous ne manquiez pas de propositions pourtant.

Oui, j’avais des propositions, ça c’est clair. Mais pour les assumer, il faut être bien dans sa tête, bien dans son corps. Actuellement, je suis dans une passe de lassitude. Je suis fatigué mentalement. Physiquement aussi. J’ai un genou qui me tire de plus en plus ces dernières saisons. Je sens que c’est le moment pour arrêter et mettre un terme à ma carrière.

Cette retraite, cela représente quoi pour vous ?

C’est un soulagement quelque part. C’est une décision qui a été évidemment mûrement réfléchie depuis des semaines auprès des miens. Je sens que mon cœur ne suit plus, la motivation n’est plus trop là. C’est mon ressenti et je suis soulagé.

Vraiment ?

J’aurai 34 ans au mois de septembre. Les deux dernières saisons ont été difficiles avec le BO. A un moment donné, il faut arrêter. Est-ce que je regretterai dans quelques temps ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est qu’actuellement, c’est un soulagement.

La fin de saison de Biarritz ne s'est pas très bien terminée pour vous et Serge Blanco... Est-ce que cela constitue un regret pour vous ?

Pas très bien… Ce n’est pas qu’elle ne se termine pas très bien… C’est sûr que ça a un peu terni mes relations avec Serge. Il s’est passé des choses. Serge aussi aime son club, a réagi de manière parfois un peu dure. Quelque part je le comprends, c’est son rôle de président. Maintenant, nous ne sommes pas que des joueurs. Nous avons un cœur aussi. Je ne lui en veux pas du tout et je souhaite que le BO remonte très vite en Top 14.

« Je n'en veux pas à Serge Blanco »

Quel est le meilleur souvenir de votre carrière ?

Il y en a plein. Le Bouclier de Brennus reste un moment émouvant. En 2005, c’était la première fois. Celui de 2006 était fabuleux aussi. J’ai eu une carrière très riche. On a toujours des regrets, c’est clair. On a envie d’être champion du monde, champion d’Europe, champion de France tous les ans, d’être le meilleur joueur du monde mais bon… J’ai été un privilégié.

Que comptez-vous faire désormais ?

Profiter. Il me reste des matches à jouer avec Biarritz. Je compte m’amuser un maximum. Je vais m’occuper de mes enfants, voyager un peu. Profiter de tout ce que je n’ai pas pu faire pendant toute ma carrière. Maintenant, c’est place au plaisir et au travail aussi avec « Biarritz Camping » (ndlr, sa société de camping).

Pas de regrets de n'avoir connu que le BO ?

Franchement non. Ma carrière s’est faite à Biarritz. Je n’ai aucun regret par rapport à ça. J’ai vécu la Coupe du monde en 2011 avec beaucoup de tristesse. Le BO était dernier du championnat avec 15 points. On est rentré, j’avais vraiment envie de sauver mon club. Ces deux dernières saisons, j’ai tout fait pour. Des regrets, je pourrais en avoir toute ma vie en me disant ‘pourquoi je n’ai pas signé à Toulon, à Toulouse pour gagner des titres ?’. Non, non, je ne regrette rien. Et je suis très heureux de la carrière que j’ai eue à Biarritz.

Une carrière d'entraîneur ne vous tente pas ?

Pour l’instant, non. Ce n’est pas du tout dans mes projets, mes envies. Ce qui est sûr, c’est que le rugby est mon sport depuis des années et il le restera à vie. On verra ce que l’avenir nous réserve.

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La rédaction