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A qui la faute ?

Christine Connolly, aux côtés ici de Pierre Camou, en pleine tourmente

Christine Connolly, aux côtés ici de Pierre Camou, en pleine tourmente - -

Au lendemain du report de la rencontre entre la France et l’Irlande, les principaux acteurs continuaient à se renvoyer la balle sur la responsabilité de ce fiasco. Avec dans le costume de la cible idéale, le comité des VI Nations.

Christine Connolly s’est offert une notoriété dont elle se serait bien passée. C’est elle, la responsable de la communication du Tournoi des VI Nations, qui a dû monter au « front » pour annoncer au public du Stade de France, micro en main, que la rencontre entre la France et l’Irlande n’aurait pas lieu. Une bordée de sifflets qui descend des tribunes et dans la foulée, pas beaucoup plus d’explications devant la presse. Tout simplement parce que les VI Nations ont refusé de répondre aux questions de la presse, se contentant d’une annonce de quelques minutes. Signe d’un malaise ambiant, Connolly informe alors les médias qu’une réunion se tiendra lundi pour fixer une nouvelle date. Mais cette annonce a-t-elle été balancée à la va-vite afin de calmer les mécontentements ?

« On ne connaîtra pas la date du report lundi, indique une source fédérale à RMC Sport. Nous allons étudier le dossier et caler une date le plus tôt possible dans le courant de cette semaine pour que la FFR, l'IRFU (la fédération irlandaise) et le comité des VI Nations puissent se rencontrer et convenir d'une date de report. » Au lendemain de ce fiasco, c’est donc toujours le flou qui prédomine. Les différentes parties se rejettent la responsabilité de l’annulation. La Fédération, l’arbitre, le Stade de France, le VI Nations… Tous ont droit à leurs attaques en règle.

Revol : « J’ai du mal à identifier ce comité »

Tous les regards semblent pourtant converger vers le comité des VI Nations. « J’ai du mal à identifier ce comité, glisse Pierre-Yves Revol, président le LNR. Cette décision de report est prise dans un contexte un peu flou. Qui prend la décision ? Je crois que c’est l’exécutif. On ne sait pas trop qui. C’est une gouvernance particulière. Il y a pas mal de zones d’ombre. » Très remonté au soir de la rencontre, Pierre Camou n’avait toujours pas remisé le lance-flamme ce dimanche. Et tout le monde en prend pour son grade. « Nous avions alerté le Stade de France pour qu’il prenne des précautions et le comité des VI Nations pour leur indiquer les risques, peste le président de la FFR. Pour l’arbitre, le vendredi, c’était jouable. Le samedi après-midi, c’était jouable. A 19h, c’était jouable. Je suis un acteur. Ce sont eux qui prennent les décisions. »

Au niveau des plus hautes instances du rugby international, le malaise est palpable. La Fédération internationale (IRB), qui n’est pourtant pas l’organisateur de la compétition, s’est fendue d’un communiqué de soutien envers l’arbitre, Davis Pearson, « pour la décision qu'il a prise après avoir jugé que le terrain du Stade de France était impraticable ». Avant de vite botter en touche. « Les VI Nations ne sont pas sous la juridiction de l'IRB et toute question relative à la reprogrammation de cette rencontre devrait être adressée au comité des VI Nations. » Dommage que ce fameux comité se soit montré si peu enclin à répondre aux questions et autres interrogations qui entourent cette rencontre qui fera date. Juste un communiqué en fin de soirée pour charger un peu plus l'arbitre. Un procédé un peu léger.

Le titre de l'encadré ici

Le comité des VI Nations, c’est quoi ?|||

Le comité des VI Nations a eu droit à sa publicité à l’occasion de ce France-Irlande. Difficile pourtant de définir cet organe commercial composé de 12 membres avec chacun une voix. Le VI Nations committee limited est basé à Dublin. Il organise la compétition et met au point un cahier des charges auquel adhèrent les participants. Les Fédérations hôtes sont ensuite sous contrôle de ce comité. Jacques Laurans, également vice-président de la FFR est une des deux voix française du comité. Ce sont eux qui dictent les différentes orientations du rugby en Europe, aussi bien au niveau des équipes nationales qu’au niveau des clubs avec son bras commercial, l’ERC ltd.

Pierrick Taisne (avec LD)