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Angleterre-France : le XV de la Rose craint la bête blessée

Chris Robshaw, le capitaine anglais

Chris Robshaw, le capitaine anglais - -

Ultra-favorite de la rencontre face à la France ce samedi à Twickenham (18h), l’Angleterre a l’occasion de poursuivre sa route vers le Grand Chelem. Mais nos « meilleurs ennemis » se méfient de la réaction d’orgueil des hommes de Philippe Saint-André.

Du respect. De la crainte. Et même une pointe de peur. A l’heure de recevoir l’équipe qui ferme la marche au classement des VI Nations, jamais l’Angleterre n’était apparue autant sur ses gardes. Toujours en course pour le Grand Chelem après ses succès contre l’Ecosse (38-18) et en Irlande (12-6), le XV de la Rose pourrait rouler des mécaniques avant de recevoir une équipe de France au fond du trou. Mais la réaction d’orgueil et le défi physique attendus côté français feraient presque trembler. Au point d’oublier que sur ce Tournoi 2013, l’équipe anglaise est supérieure à tous points de vue à celle de Philippe Saint-André.

« Ça va être différent. Ils auront deux ou trois choses à vouloir mettre au point, déclare Chris Robshaw, le capitaine anglais. Je suis certain que les 20 premières minutes vont être sacrément physiques, très intenses ». Ollie Phillips, ancien ailier anglais du Stade Français et présent à Twickenham ce vendredi pour assister à l’entraînement du capitaine, abonde dans ce sens : « Les Français ont fait de très bons test-matchs, dans lesquels ils ont super bien joué, donc peut-être qu’ils sont juste dans une mauvaise passe. Je sais que l’équipe de France peut revenir dans le droit chemin à n’importe quel moment. »

Parra dans le viseur

Pour parvenir à leurs fins, les Anglais ont une stratégie simple en tête : écraser leurs ennemis tricolores dans le combat. Titularisé à un poste inhabituel de 3e ligne, le colosse Courtney Lawes (2,01m, 115kg) aura ainsi pour mission de museler Morgan Parra, qu’il avait blessé intentionnellement en finale du Challenge européen 2009 entre Northampton et Bourgoin-Jallieu (15-3), obligeant ensuite le demi de mêlée tricolore à déclarer forfait pour la tournée en Nouvelle-Zélande.

« Les Français veulent contrôler le jeu avec le numéro 9 et le10, c'est un point crucial au niveau international dans le rugby. Je pense que Parra prouve semaine après semaine combien il peut être talentueux quand il arrive à contrôler le jeu, souligne Mike Catt, champion du monde 2003 et désormais entraîneur anglais des lignes arrières. Nous devons faire en sorte de les contrôler sur ce point et que notre triangle d'attaque soit bien organisé. »

Dans un Twickenham plein à craquer (82 000 places) et par une température proche de zéro degré, ce Crunch promet donc d’être plus craquant que jamais. Parra et ses coéquipiers sont prévenus.

Alexandre Alain avec Laurent Depret, à Londres