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Brennan : «L'Irlande est très proche de l’équipe de France»

Trevor Brennan

Trevor Brennan - -

Pour l’ancien international irlandais, installé à Toulouse, c’est avant tout le physique qui permet au XV tricolore d’être légèrement supérieur à son visiteur du soir (21h) au Stade de France.

Trevor, l’Irlande a été dominée à domicile par le Pays de Galles (21-23) la semaine dernière. Comment l’expliquez-vous ?

Il n’y a pas de souci. On a une très bonne équipe. Si tu regardes la H-Cup, Leinster, Ulster et Munster sont en phase finale. Pour un petit pays avec quatre millions d’habitants, le rugby n’est pas notre premier sport. On a d’autres sports. Le rugby, c’est le quatrième ou cinquième sport. Maintenant, tout le monde dit que nos trois-quarts sont trop petits. On a vu que les Gallois étaient un peu plus lourds. Au centre, ils mesurent 1,90m et pèsent 110 kilos. Nous, on fait 90 kilos et 1,90m. Les années passées, l’équipe de France avec Rougerie, Jauzion, Bastareaud, tous faisaient plus de 100 kilos et mesuraient au moins 1,85m. Les trois-quarts peuvent jouer deuxième ou troisième ligne. C’est ce qui fait la différence. 

Pourquoi ne retrouve-t-on pas le même degré de performance en équipe nationale et chez les sélections des provinces (Munster, Ulster, Leinster), toutes qualifiées pour les quarts de finale de la Coupe d'Europe ?

Je crois que ça marche un petit peu comme ça : tu as le joueur de Munster qui n’aime pas le joueur de Leinster, le joueur de Leinster qui déteste le joueur de l’Ulster, etc. Il y a toujours de la concurrence. Je crois que c’est la même chose en France : les joueurs de Toulouse détestent les joueurs de Paris et les joueurs de Castres n’aiment pas les joueurs de Toulouse. Quand tu joues ensemble pour le pays, tout le monde a le même maillot. Il faut changer le disque. Il faut te dire que tu joues pour ton pays et oublier le reste. Je crois qu’on est très fort. L’équipe d’Irlande progresse chaque année. On n’a pas pris cinquante points la semaine dernière, on a juste perdu le match dans les dernières minutes. On est plus dangereux.

Avez-vous un pronostic ?

On est très proche de l’équipe de France mais il y a toujours des différences. En France, ils sont toujours un peu plus forts que nous. On n’a pas beaucoup de succès à Paris. Donc forcément cela fait quelque chose au mental. Je vois l’équipe de France gagner. Mais de huit ou neuf points, pas plus.