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Des Bleus pas beaucoup plus avancés

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Le XV de France a souffert sur la pelouse de l’Aviva Stadium pour arracher son deuxième succès en Irlande (22-25) dans ce Tournoi 2011. Toujours en lice pour un nouveau Grand Chelem, les hommes de Lièvremont ont laissé entrevoir de nouvelles inquiétudes.

Des sourires. Des accolades. Du soulagement. Le XV de France vient de s’imposer en Irlande (25-22) et la joie, perceptible sur les visages français, est un copier-coller de l’émotion qui était la leur, une semaine plus tôt, après leur succès devant l’Ecosse (34-21). La copie rendue dimanche après-midi par les Bleus ressemble étrangement à celle livrée face au XV du Chardon. « Ce fut très dur, reconnaît le capitaine Thierry Dusautoir. On ne s’est vraiment pas rendu le match facile, mais c’est gagné. Les amateurs de suspense ont dû être ravis. Ceux du beau jeu, peut-être un peu moins. Mais il faut savoir aussi gagner ces matchs-là. »

Les Bleus, poussifs au Stade de France, ont une nouvelle fois souffert à l’Aviva Stadium. Marc Lièvremont attendait « un autre match, un autre scénario ». Et un jeu « plus direct » de la part des hommes de Declan Kidney par rapport à la copie des Ecossais. Le sélectionneur des Bleus avait vu juste. Le XV du Trèfle n’a pas traîné pour faire suer les siens. Cinq minutes exactement. Le temps pour Luke Fitzgerald de se voir logiquement refuser un essai. Et pour McFadden de transpercer le rideau français au ras (7-0, 4e), après une cagade de Clément Poitrenaud dans ses 22.

Une défense toujours fébrile

Le ras justement. Marc Lièvremont n’avait probablement pas prévu que ses joueurs, piégés au large face à l’Ecosse, puissent craquer dans ce domaine. C’était pourtant chose faite une grosse demi-heure plus tard, cette fois sous l’impulsion de Thomas O’Leary (39e). La friabilité défensive n’était pas la seule surprise « réservée » aux joueurs à leur sélectionneur. Faute de mains en phases offensives, manque de créativité… Déjà gênés par la ruse et l’engagement adverse, les Bleus se mettent eux-mêmes en difficulté. « On a joué à l’envers par moment. A vouloir jouer des un contre quatre, on a fait des fautes un peu bêtes qui ont permis aux Irlandais de revenir dans le match et de recoller », jugeait après-coup le troisième ligne Julien Bonnaire.

Heureusement pour les Bleus, l’Irlande tend toute seule le bâton pour se faire battre. « On savait que rien n’était perdu après le premier essai, confiera Clément Poitrenaud à l’issue du match. Il fallait se remettre en marche avant. Ils ont dû se mettre à la faute pour enrayer nos attaques. » Une indiscipline sanctionnée illico par Morgan Parra. Auteur d’un sans-faute, le demi de mêlée clermontois n’a pas tremblé pour garder les siens en vie sur le pré de l’Aviva Stadium (11e, 18e, 21e, 27e et 49e). Il leur a même donné un court avantage (29e, 12-10). Et c’est du banc, relayé ensuite par Dimitri Yachvili (62e) qu’il a savouré l’essai de Maxime Médard. L’une des seules belles séquences de jeu offertes par le XV de France.

Perfectibles ces Bleus ? Assurément, comme en témoigne le dernier essai irlandais signé Heaslip (68e), fruit d’une touche perdue sur un lancer de William Servat. Ou l’ultime frisson passé dans les rangs tricolores suite à une perte de balle de Sébastien Chabal (78e). « Actuellement, la défense est un point faible, poursuit Bonnaire. On encaisse beaucoup trop d’essais, on attend beaucoup trop en défense, on doit aller beaucoup plus les chercher. On a énormément subi en début de match. Simplement, on ne montait pas assez les chercher et comme ils ont des joueurs assez denses… Ça sera le cas contre l’Angleterre et, si on les laisse jouer en avançant, ça sera beaucoup plus compliqué. » A Twickenham, pour ceux qui considèrent déjà ce rendez-vous comme une « finale », le caractère ou la détermination ne suffiront pas.

Alix Dulac avec Laurent Depret à Dublin