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Irlande-France : O’Driscoll, le crépuscule d’une légende

Brian O'Driscoll

Brian O'Driscoll - -

Joueur emblématique de l’Irlande, Brian O’Driscoll pourrait disputer ce samedi face à la France (18h) son dernier match sur ses terres avec le maillot vert. Si les Bleus ne lui feront pas de cadeau, ils n’hésitent pas à y aller de leur petit hommage.

Pendant que le XV de France tentera tant bien que mal de sauver un semblant d’honneur dans le Tournoi des VI Nations, tout l’Aviva Stadium aura les yeux rivés sur un homme qui n’aura vraiment plus rien à prouver. L’immense Brian O’Driscoll pourrait ainsi disputer ce samedi (18h) son tout dernier match en Irlande avec le maillot vert sur les épaules. Rien d’officiel encore, mais la rumeur enfle et s’étend. Les 34 ans du centre irlandais semblant accréditer l’idée d’une retraite de plus en plus imminente.

Infatigable perce-muraille, insaisissable coureur, le natif de Dublin a forgé en 15 ans au plus haut niveau, avec ses crochets saillants et ses appuis de feu, sa légende. 86 essais inscrits en sélection, 26 dans le VI Nations (record absolu). Les chiffres sont déjà éloquents. La manière l’est peut-être encore plus. Capitaine exemplaire du XV du Trèfle pendant près d’une décennie, « Drisco » a toujours fait preuve d’une rare élégance, tant de sa manière de jouer que dans son comportement. Alors que son crépuscule approche, les mots de joueurs français à son égard en disent d’ailleurs long sur l’étendue de son talent.

Bourreau et gentleman

« Comme beaucoup de centres, je suis content qu’il arrête, s’amuse Mathieu Bastareaud. C’est l’un des plus grands trois-quarts de l’histoire. Ce qu’il a montré avec le Leinster et l’Irlande, c’est quelque chose d’unique. C’est une légende à son poste. J’ai beaucoup de respect pour ce monsieur. Il est toujours au top, même sur ce tournoi. Il a presque 35 ans, il va toujours aussi vite, il est toujours aussi bon en défense. Il est beau à voir jouer, élégant, complet. Respect ! »

Il a pourtant souvent été leur bourreau. Comme ce soir de mars, en 2000, où il avait marqué trois essais au Stade de France, pour la première victoire irlandaise à Paris depuis 30 ans. Mais comment en vouloir à un tel gentleman… « Il fait partie des monuments du rugby mondial, enchaîne Vincent Clerc. Il a une longévité au plus haut niveau qui est impressionnante. Ce sera triste de ne plus le voir en équipe d’Irlande. A Dublin, Il y aura sans doute beaucoup d’émotion, pour lui, pour l’équipe. Mais ça ne peut pas rentrer dans nos considérations… Si ce n’est qu’il faudra s’attendre à un gros match de sa part. » Ces Bleus moribonds n’ont pourtant vraiment pas besoin de ça…

Alexis Toledano, avec P.Ta et W.T.