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Laporte : « Plus de positif côté français »

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Alors que la France s’apprête à défier l’Irlande à l’Aviva Stadium samedi (18h), Bernard Laporte estime que les Bleus ont de meilleurs atouts en manche que leurs adversaires. Plus que l’orgueil, c’est bien sur leur talent qu’ils doivent s’appuyer.

Juste une question d’orgueil ?

« Si ça se jouait sur l’orgueil, on en trouverait des types (rires). D’autant que la France a été orgueilleuse en Angleterre. Il ne faut pas tout salir et tout voir en noir. Elle a eu une très très très belle révolte. Il a manqué 20 minutes, effectivement, mais pendant une heure, on a chaviré de l’Anglais chez lui, on l’a fait douter, on l’a mené à la mi-temps. L’orgueil était présent, l’envie de se dépasser et de se rattraper aussi. Samedi, après trois défaites, il sera toujours au rendez-vous, je ne suis pas du tout inquiet là-dessus.Maintenant, il sera présent aussi en face. Il y aura de l’orgueil contre de l’orgueil, mais ce n’est pas ça qui va faire gagner. C’est le talent qui va gagner. Et quand on regarde les forces en présence en France et en Irlande, il y a beaucoup plus de positif côté français. Je dirais même que ce n’est pas l’orgueil qui a fait défaut à l’équipe de France. En Italie, elle n’a pas manqué d’orgueil, je crois qu’elle a eu peur. Elle a rentré les épaules, elle a tremblé, elle a manqué d’ambition, de sérénité, elle s’est senti prise dans un piège. Toute la semaine, on a dit « Attention les Italiens ! Attention les Italiens ! » Au bout d’un moment, les joueurs ont cru qu’ils allaient jouer les Blacks. Après il y a le match contre les Gallois. On ne fait pas un mauvais match non plus. Ça ne se joue pas à grand-chose. Si après trois défaites, tu as de l’orgueil, quand tu en as perdu huit comme les Gallois, qu’est-ce qu’il faut dire ? On a quand même fait un match correct, et même si on n’a pas retrouvé la grande équipe de France, il y avait du mieux. Et contre l’Angleterre, il y avait de la satisfaction. Il ne faut pas dire qu’elle a perdu trois matches par manque d’orgueil. Ce serait facile ».

Les changements en charnière

« Ce n’est pas un problème de sélectionneur. Ça fait longtemps qu’on n’a pas eu un 9 et un 10 qui se sont imposés plus que les autres. J’ai connu ça aussi, j’avais Jean-Baptiste Elissalde, j’avais Pierre Mignoni, on faisait tourner beaucoup. C’était des bons joueurs, mais jamais un est sorti du lot au point d’être considéré comme le meilleur de France sans débat possible. Après, si Philippe Saint-André pense que c’est Fred (Michalak, ndlr) le meilleur, il faut le mettre à chaque fois qu’il est là. Moi j’ai vu Jacques Fouroux (entraîneur des Bleus de 1980 à 1990) donner énormément de confiance à Pierre Berbizier, qui au début était hésitant, et qui est devenu le meilleur demi de mêlée français. Il l’a laissé, pourtant il ne faisait pas que des grands matches pour commencer. Il a dit ‘‘ce sera lui et pas un autre’’, et ce pari a payé.

La dernière d’O’Driscoll à domicile

« On sait ce qu’il représente chez eux. Ça ne change pas la donne, mais ça crée encore plus d’émotion. Comment ils vont la gérer, c’est ça la question. Ils aiment ça les Britanniques, rendre hommage. Nous on pleure, on a des frissons. Eux ils sont froids comme des serpents, ils te regardent… Ils aiment ça. Il y a aura énormément d’émotion dans la tribune, c’est clair, dans les vestiaires, aussi. Ça a été un des meilleurs du monde, il ne faut pas se tromper. Ce qui se fait de mieux à son poste, et même tous postes confondus presque. J‘ai rarement vu un ‘‘gazier’’ aussi régulier. Chaque fois qu’il a le ballon, tu trembles ».

Bernard Laporte