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Les Bleus chassent les nuages

Lionel Nallet

Lionel Nallet - -

A l’image des deux essais inscrits par Lionel Nallet, le XV de France a renoué ce samedi contre le pays de Galles (28-9) avec des valeurs égarées en Italie. Les Bleus terminent à la deuxième place du Tournoi derrière l’Angleterre. La crise s’éloigne un peu.

Son nom aurait pu figurer sur l’en-tête de l’ordre de mission. Se racheter, laver son honneur, prendre sa revanche, c’était une obligation pour le XV de France ce samedi soir au Stade de France face au pays de Galles. Lionel Nallet, qui aura 35 ans au début de la prochaine Coupe du monde, avait beaucoup de choses à se faire pardonner après l’humiliation vécue en Italie la semaine dernière. Du courage, il en avait manqué à Flaminio. Comme tous ses partenaires. Il l’a retrouvé, et de quelle manière, lors d’un dernier rendez-vous du Tournoi remporté par les Bleus (28-9), qui terminent deuxièmes derrière l’Angleterre.

Décisif avec ses deux essais (38e, 43e), les septième et huitième de sa carrière internationale, le deuxième-ligne des Bleus a emmené son équipe sur le chemin de la reconquête des valeurs morales égarées de l’autre côté des Alpes. « Moi, mon plaisir, c’est quand je fais un match avec beaucoup de combat », expliquait Lionel Nallet cette semaine à Marcoussis après avoir regretté son esprit rêveur en Italie. Quand il inscrit en force le premier essai de la rencontre ou quand il suit le contre son partenaire Julien Pierre et résiste au retour gallois, le Bressan devient le symbole parfait d’un XV de France plus convaincant ce samedi.

Rendez-vous le 28 juin

Et sa rage a été communicative. Vincent Clerc, auteur du troisième essai (59e) après avoir enclenché la discussion interne dimanche dernier, a également prouvé son envie d’effacer la triste image laissée quelques jours plus tôt. Deux hommes en vue qui ont été bien aidés par un public qui n’avait pas de rancœur. Lourde et pénible cette semaine à Marcoussis, l’ambiance a été enjoué et enthousiaste Stade de France. Extrêmement optimistes, les spectateurs ont même déclenché la première ola à la demi-heure de jeu, avant d’enchaîner avec l’entraînant refrain « Allez les Bleus ».

Le spectacle n’avait alors rien de réjouissant. Sous pression dès le coup d’envoi des Gallois, le XV de France a perdu trois ballons en touche et livré un jeu au pied inutile en début de rencontre. Cette rencontre, les joueurs de Marc Lièvremont ne l’ont pas gagnée grâce à un jeu offensif percutant. Ils l’ont gagnée en revenant aux bases, au combat et à l’engagement, et en défendant. Ils se retrouveront le 28 juin à Marcoussis pour le rassemblement d’avant-Mondial avec un esprit un peu plus libéré. L’essentiel, après les traumatismes du printemps dernier (Afrique du Sud, Argentine), de l’automne (Australie) et de l’hiver (Italie), était de se rassurer. Une mission réussie. Prochain rendez-vous, la Coupe du monde.

Laurent Picat