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Lièvremont : « Il en faudra plus pour convaincre »

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Au lendemain de la victoire de l’équipe de France en ouverture du Tournoi des VI Nations contre l’Ecosse (34-21), Marc Lièvremont est revenu à froid sur la rencontre. L’entraîneur français pointe les satisfactions et les points à améliorer avant le déplacement en Irlande, dimanche (16h).

Marc Lièvremont, avez-vous revu le match ?

J’ai bien évidemment revu le match. Je me suis régalé. J’ai pris beaucoup de plaisir devant la vidéo. Plus que pendant le match. C’est vrai que nous avons eu du mal à tuer le match et que les Ecossais sont restés à portée. Mais compte tenu du contexte, je suis ravi du comportement des joueurs. J’ai trouvé ça extrêmement positif. Maintenant, c’est vrai qu’on ne fait que 17-14 en deuxième mi-temps, mais les Ecossais ne viennent dans notre camp que deux fois et marquent deux essais. J’ai vu une belle abnégation en défense, malgré quelques fautes de ligne qui permettent aux Ecossais de marquer.

Quel a été le contexte d’avant-match ?

On sentait les joueurs tendus. Nous l’étions aussi. C’était vraiment le match-piège par rapport à la qualité de cette équipe écossaise. Finalement, on a plutôt joué comme eux avec beaucoup de contre-attaques et de variations. On sait qu’il en faudra plus pour convaincre et rassurer, mais en interne on sait que les contextes de match sont différents. Ce qui nous attend en Irlande ne ressemblera à rien de ce que nous avons fait au Stade de France, mais on a l’équipe pour s’adapter. Je vais vous citer du Malraux. Comme tout entraîneur, je rêve de perfection, mais sur le match d’hier (samedi, ndlr), « c’est la création qui m’intéresse plus que la perfection ». 

« Rougerie m’a dit : ‘Fais gaffe dans ton discours’ »

La tension a-t-elle été perceptible ?

Oui, elle était liée au contexte du match de l’Australie, après tout ce qui s’est dit et écrit. J’ai eu le sentiment qu’il fallait deux ou trois jours pour que les choses se remettent en place. On savait qu’un contre ou un mauvais début de match pouvait cristalliser du doute. Je me souviens avoir parlé avec Aurélien (Rougerie) qui m’a dit : « Fais gaffe dans ton discours. Je l’ai vécu avec Clermont en perdant trois finales de rang. Il faut essayer de positiver. » C’était déjà mon ambition, je voulais parler de confiance, d’abnégation et de solidarité.

Avez-vous avancé dans votre optique d’équipe-type après ce match ?

Je n’ai jamais été dans la logique d’équipe-type. J’ai dit qu’on avait besoin de repères et qu’il fallait figer une ligne de trois-quarts. Quand je vois la qualité des remplaçants, on a des solutions.

Comment caractériser le match en Irlande ?

Celui de la confirmation, non ? C’est ce qui fait la beauté de ce Tournoi. On commence à voir quel sera le registre de chaque équipe. Malgré les blessures, ils ont su battre l’Italie (13-11). Ils s’imposent en ayant souffert et avec beaucoup de choses à corriger. On peut penser qu’on aura une équipe bien meilleure contre nous. A nous de l’être aussi.

Recueilli par Laurent Depret à Marcoussis