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Lièvremont : « On n’oublie personne »

L'entraîneur de l'équipe de France repart pour une nouvelle saison.

L'entraîneur de l'équipe de France repart pour une nouvelle saison. - -

De nouveaux visages, des cadres, des retours, Bastareaud sur la touche… Le sélectionneur et son staff procèdent à une nouvelle revue d’effectif dans l’optique de la tournée d’automne.

Marc Lièvremont, avec Lapandry, Fall et Burban, vous avez intégré une fois de plus de nouveaux visages à cette équipe de France ?
Certains diront que nous tombons dans un jeunisme excessif, mais ces joueurs sont bons. Nous avons une ossature solide de 20-25 joueurs et derrière, il m’a semblé intéressant d’intégrer ces jeunes qui sont bons aujourd’hui et qui, j’espère, le seront demain en équipe de France.

Et parmi eux, Benjamin Fall, actuel meilleur marqueur du championnat…
Il y a beaucoup de joueurs que nous suivons avec intérêt. Il a franchi un gros palier cette saison après être passé par les sélections de jeunes. En tout cas, il a toutes les caractéristiques du joueur de haut niveau : racé, contre-attaquant, bon du pied, bon dans les duels. En plus de cela, c’est un garçon avec un excellent état d’esprit. Ça compte aussi.

Vous avez confirmé avoir plus de doutes derrière que devant…
Assurément. De nombreuses charnières, de nombreuses expérimentations… Je me souviens aussi de la dernière tournée d’automne avec des baisses de forme, des blessures, le fait que les joueurs ne jouent pas en club, le buteur… C’est tout un contexte à maîtriser. Le joueur intéressant du moment, c’est Julien Dupuy. Il a le profil, il est entreprenant, intelligent. J’ai le sentiment qu’il bosse bien pour gommer certaines lacunes athlétiques. Pareil pour François Trinh-Duc qui progresse et a pris du plomb dans la tête.

Vous avez également appelé Frédéric Michalak…
Ça prouve qu’on n’oublie personne. Même si on attend toujours plus de Fred, sans doute une des premières stars du rugby moderne. Mais on sait aussi que c’est difficile depuis son retour d’Afrique du Sud. Malgré tout, il a encore du potentiel. Il faut reconnaître aussi que nous n’avons pas pléthore de candidats à son poste. Ça joue en sa faveur.

« Les excuses de Bastareaud arrivent un peu tard »

Mathieu Bastareaud pouvait-il prétendre à revenir avec l’équipe de France ?
Je suis passé par tous les états avec cet épisode à multiple rebondissements. Très tôt, il m’est apparu difficile de le retenir. J’étais finalement enclin à passer l’éponge très vite. Je l’ai envisagé pour cette tournée automnale. Dans le meilleur des mondes, il aurait fallu que son président (ndlr : Max Guazzini) et la fédération l’amènent rapidement devant les médias et nous n’aurions plus parlé de cette histoire depuis belle lurette. Là, même s’il a assumé peut-être pour la première fois et avec courage, il y a eu une sorte de préjudice. C’est bien qu’il l’ait fait, mais ça arrive un peu trop tard. Maintenant, on ne va pas parler de ça tout le temps. Mathieu est sélectionnable pour le tournoi. Dans quelque temps, j’espère qu’on pourra plaisanter de cette affaire qui nous a pourrit l’été.

Quant à Bonnaire et Rougerie, ils ne sont pas dans le groupe. Le fait qu’ils aient annoncé bien avant la finale du championnat qu’ils ne voulaient être de la tourné d’automne a-t-il joué en leur défaveur ?
Ils ne l’avaient pas annoncé bien avant. On a enregistré leur forfait une semaine avant la finale. Eux et Anthony Floch. Je peux comprendre qu’ils aient voulu jouer la finale. Une finale ne se refuse pas et je peux comprendre que certains joueurs n’étaient pas à 100% de leurs moyens. Mais ce n’étaient pas les seuls. Je ne sais pas si c’est une sanction, mais c’est entré en compte dans nos critères de sélection.

Laurent Depret