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Rassurant, vraiment ?

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Tombée avec les honneurs samedi à Twickenham (17-9), l’équipe de France a su corriger les imperfections aperçues au début du Tournoi. Mais certaines lacunes ont resurgi. Autopsie d’une défaite.

Ce qui a marché

« Ce qui est bien, c’est qu’après dix minutes difficiles en deuxième mi-temps, on s’est resserré. On n’a pas vu nos vieux démons resurgir. » Les vieux démons australiens de l’automne dernier ou même anglais de 2009 sont restés au placard. A la grande satisfaction du capitaine Thierry Dusautoir. Car après une entame de deuxième période catastrophique marquée par l’essai de Foden (42e), mais également celui d’Ashton refusé deux minutes plus tard sur un en-avant de passe, les Bleus auraient pu se démobiliser. Tous les joueurs, ainsi que l’encadrement, se félicitait ainsi d’un état d’esprit conquérant et solidaire alors que certains pronostiquaient une correction des joueurs de la Rose.

A l’actif également de l’équipe de France, une conquête toujours aussi vaillante. Même si les Français ont été trois fois (sévèrement) pénalisés en mêlée, ils confirment leur bon niveau dans ce secteur. Tout comme en touche, où l’alignement se montre particulièrement efficace. Pointée du doigt, la défense a également relevé la tête. « Cette défaite est encourageante. Plus encourageante que les victoires contre l’Ecosse et en Irlande, glisse même Philippe Saint-André. Nous sommes à égalité avec les Anglais. » A l’issue de la rencontre, les Bleus se disaient surtout « frustrés » après la rencontre. Signe qu’ils avaient le sentiment d’être passés à côté de quelque chose. Comme si l’ardoise australienne avait définitivement été soldée.

Ce qui a patiné

Marc Lièvremont avait visionné le match à deux reprises avant de se présenter devant la presse dimanche matin. Il n’aura pas manqué de souligner que ses hommes ont été trop souvent pénalisés alors que la discipline entrait dans leurs points forts. Il aura également noté que son équipe n’a pas marqué le moindre point en deuxième mi-temps. Une première depuis huit matchs et une victoire contre… l’Angleterre (12-10) le 20 mars 2010 au Stade de France. A la mi-temps, la France avait marqué neuf points par le seul Dimitri Yachvili. Problème : ces points ont été inscrits sur trois fautes anglaises. « Nous n’avons pas su mettre les Anglais en danger sur nos lancements de jeu, regrette Bernard Laporte. Nous sommes efficaces sur les ballons adverses, à nous de l’être sur les nôtres. »

Autre motif d’inquiétude, l’inefficacité offensive. Les supporters français pourront se repasser en boucle l’action d’Aurélien Rougerie (59e) sur un petit coup de pied de François Trinh-Duc, cet éclair n’aura pas été suivi d’autres actions dangereuses. On a bien vu Trinh-Duc particulièrement efficace au pied, Clerc particulièrement en jambes ou Jauzion toujours prompt à attaquer la ligne, mais on a le sentiment que cette équipe n’était pas en mesure de marquer. « On n’a pas eu d’étincelle. Il y a quelques occasions, mais c’est trop peu », continue Laporte. Et l’ancien entraîneur de conclure : « Aux déclarations qui disent que c’est une défaite honorable, je préfère la déclaration d’Imanol Harinordoquy qui dit que contre les Anglais, il n’y a jamais de défaite honorable. Il a raison. Il faut avoir encore plus la rage. Pas d’autosatisfaction. »

Pierrick Taisne