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Serge Simon : « On ne change pas une mêlée à cinq ! »

Serge Simon, consultant sur RMC

Serge Simon, consultant sur RMC - -

Le pack tricolore s’est fait bouger par son homologue du XV du Trèfle en deuxième période du match France-Irlande (26-21). Les changements opérés en première ligne ont-ils contribué au naufrage des avants français, samedi au Stade de France ? Le débat est ouvert.

Contre l’Irlande, en deuxième période l’équipe de France à souffert. Les avants en particulier n’ont pas été à la fête. Julien Brugnaut rentré en cours de match à gauche à d’ailleurs courageusement fait son autocritique. « En mêlée, ça n’a pas été ça. » Mais au-delà des défaillances individuelles, le coaching opéré par Marc Lièvremont et ses adjoints était-il judicieux ? Retour sur le match : à la 45e O'Gara transperce mais le ballon est perdu, les Bleus sont en contre-attaque et Rougerie est à la lutte avec Dempsey qui aplatit dans son en-but. Mêlée à cinq mètres pour les Bleus… C’est alors que le sélectionneur fait rentrer Brugnaut et Servat à la place de Faure et Szarzewski. Fallait-il changer la première ligne à cet instant de la rencontre ? Nos consultants, Jacques Verdier, directeur de la publication du Midi Olympique et Serge Simon, représentant de la caste des « gros », s’empoignent dans le Mag Rugby de dimanche. C'était sur l’antenne de RMC…

Jacques Verdier : « Je ne crois pas que les changements étaient illégitimes. Il (le staff tricolore) change les joueurs, ce qui est défendable. Après si les joueurs ne sont pas au niveau, ce n’est pas un problème de coaching. Je serais plus nuancé concernant le changement d’Elissalde par Parra, qui est un très jeune joueur, qui rentre dans des conditions difficiles (à la 65e alors que l’Irlande est revenue 26 à 18). Ça ce n’est pas très bien vu. Mais changer Faure par Brugnaut, Szarzewski par Servat, Mela par Jacquet, ben… c’est légitime, il y a une forme d’usure. Je ne vois pas où le problème de coaching. »

Serge Simon : « Faire le coaching de la première ligne sur une mêlée à cinq, ça mais bordel, c’est le b.a.ba, il faut m’expliquer comment on peut faire ça ! Pour un pilier, une mêlée à cinq c’est le 100 mètres des Jeux olympiques. Ça ne se voit pas mais si c’est contre toi, c’est là que tu dois faire l’effort monstrueux pour ne pas prendre d’essai ; si c’est pour toi, tu vas peut-être les emmener le cul dans l’en but. A ce moment là on te dit ‘’toi dehors !’’ et on fait rentrer deux mecs qui sont sur le banc. Il n’y a pas que la fraicheur en première ligne. C’est le travail du voleur et du coffre-fort : une fois que tu as trouvé la combinaison, tu passes à chaque fois. Au bout de quinze minutes, tu l’as flairé ton pilier. Et là, tu fais rentrer un gars qui va devoir faire trois, quatre, cinq mêlées avant de trouver la combi, parce que ce n’est pas sur la première mêlée à cinq qu’il va la trouver où alors t’as un monstre qui emmène tout, mais là ce n’est pas le cas. »

La rédaction