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Un Trèfle et des épines

Thierry Dusautoir et ses hommes s'attendent à un rude combat

Thierry Dusautoir et ses hommes s'attendent à un rude combat - -

Une semaine après sa victoire contre l’Italie (30-12), la France devra confirmer ses bons débuts dans le Tournoi des VI Nations contre l’Irlande au Stade de France (21h). Des Bleus qui se savent particulièrement attendus par des joueurs au trèfle revanchards après leur revers contre le pays de Galles (23-21).

Ils n’ont pas manqué leur début dans ce Tournoi 2012, mais une semaine après leur victoire contre l’Italie, les Bleus sont déjà passés à autre chose. « On a fermé le livre de l’Italie » assurait Philippe Saint-André dès le lendemain de la rencontre. « Nous sommes dans la préparation de l’Irlande, tout en sachant que nous devons nous améliorer dans beaucoup de domaines ». La touche, la mêlée, les zones de ruck… Autant de secteurs dans lesquels les Français se savent particulièrement attendus. « Quand on joue l’Irlande, on a vraiment intérêt à se concentrer sur le combat, glisse Thierry Dusautoir. C’est vraiment leur marque de fabrique. »

Heaslip, Ferris, O'Connell, O'Callaghan… Autant de noms qui fleurent bon le fighting-spirit. « C’est quelque chose dont ils ont hérité, plaisante le sélectionneur. De ce point de vue-là, nous ne sommes jamais trop déçus. Nous avons toujours le droit à une belle partie de rugby, bien rugueuse. On doit se préparer à cette intensité. » Contre l’Italie, le secteur de la mêlée a parfois péché et la touche n’a pas été à la hauteur (2 ballons perdus). Autant dire que la tâche est ardue. « On va jouer une équipe experte en la matière avec un alignement redoutable, une mêlée pas extrêmement puissante mais très intelligente, concède Pascal Papé. Ils ont la faculté de ralentir le jeu. Ça va être du très lourd. »

Un Grand Chelem comme cache-misère

De là à dire que les Irlandais partent avec la faveur des pronostics… « S’ils sont plus forts que nous dans le combat, qu’ils nous le démontrent sur le terrain, balance Aurélien Rougerie. On a besoin peut-être de s’élever à leur niveau dans ce compartiment du jeu mais je suis certain que mes partenaires et moi-même allons faire ce qu’il faut pour y être. » Surtout que, contrairement à la ligne d’attaque du Trèfle, les Rougerie, Fofana, Clerc, Médard et Malzieu partent avec bien plus de repères que leurs homologues. Et dans une rencontre qu’on annonce fermée, notamment en raison des conditions climatiques (lire par ailleurs), la moindre ouverture pourrait être décisive.

Avec trois équipes (Ulster, Munster et Leinster) qualifiées pour les quarts de finale de la H-Cup, le rugby irlandais confirme sa bonne forme. Mais quand il s’agit de s’élever au niveau international, les difficultés ressurgissent. Et ce n’est pas le Grand Chelem de 2009 qui fera oublier toutes les déceptions. Présentée comme une génération dorée et prometteuse, la bande des O’Gara, O’Driscoll ou encore Woods n’est jamais parvenue à régner sur l’Europe et a désormais passé la main. Quant à la dernière victoire des joueurs du Trèfle au Stade de France, elle remonte au 19 mars 2000 (25-27). « C’est un super challenge pour eux. Ils auront une grosse motivation, glisse Pascal Papé. De toute façon, je crois que les Irlandais sont toujours très motivés quand il s’agit d’affronter les Français. » Comme quoi, il devrait tout de même faire chaud sur la pelouse de Saint-Denis… 

Le titre de l'encadré ici

Un match France-Sibérie au thermomètre… |||

Elle devrait être l’une des vedettes de ce France–Irlande. En ces temps de grand froid, la pelouse du Stade de France est bichonnée comme rarement. Bâchée dès le coup de sifflet final contre l’Italie, elle n’a pris l’air que vendredi. Le temps de tracer les lignes. La bâche ne sera complètement enlevée qu’à partir de 17h30, samedi, pour être rangée à 19h, deux heures seulement avant le coup d’envoi. Pendant ce temps, six grosses souffleries continueront à projeter de l’air chaud alors qu’on annonce une température largement négative (-6°). Du côté des joueurs, on se fait une raison. Quand on demande à Julien Bonnaire s’il est bien raisonnable de jouer cette rencontre à 21h, la réponse fuse : « Aussi raisonnable que de jouer l’été à 15 heures sous 35 degrés ! Ce sont les aléas des matchs télévisés… ». Alors forcément, on s’adapte. Aurélien Rougerie explique : « L’échauffement est un peu plus long car la mise en route est plus longue. » Julien Malzieu reprend : « A nous d’être très actif sur le terrain et de nous déplacer. » Quant aux remplaçants, ils pensent détenir la solution : « Pas de journaux dans les chaussures, mais bien nous habiller, prévient Bonnaire. Il faudra mettre la polaire avec un thermos de tisane à côté de nous ! »

Pierrick Taisne (avec L.D.)