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Trinh-Duc, ce n’est plus le pied

François Trinh-Duc et Philippe Saint-André

François Trinh-Duc et Philippe Saint-André - -

Non retenu dans le groupe français pour participer au tournoi des VI Nations, François Trinh-Duc a chuté dans la hiérarchie des ouvreurs dans l’esprit de Philippe Saint-André, qui lui reproche notamment son jeu au pied.

C’était une tendance forte, c’est désormais une certitude : François Trinh-Duc n’est plus incontournable en équipe de France. Comme lors des tournées de novembre et de juin, l’ouvreur de Montpellier n’a pas été retenu par Philippe Saint-André pour participer au Tournoi des VI Nations. Il n’a donc plus joué en Bleus depuis le 16 mars 2013 lors de la victoire face à l’Ecosse (23-16). Mais cela faisait plusieurs mois déjà que le natif de Montpellier avait baissé dans l’estime (sportive) des sélectionneurs.

D’abord titulaire lors de leur prise de fonction après le Mondial 2011, Trinh-Duc a perdu sa place au profit de Lionel Beauxis en fin de Tournoi 2012. Puis, Frédéric Michalak a été propulsé n°1 au poste pour la tournée d’été 2012 à son retour d’Afrique du Sud jusqu’au Tournoi 2013. Depuis, Trinh-Duc ne cesse de descendre dans la hiérarchie, où il figure désormais derrière Rémi Talès (Castres), Camille Lopez (Perpignan) et maintenant Jules Plisson (Stade Français). Le staff lui reproche notamment un jeu au pied approximatif. Une perte de vitesse brutale pour celui qui a été propulsé ouvreur n°1 des Bleus à 21 ans par Marc Lièvremont en 2008. Souvent décrié pendant les quatre ans de mandat de l’ancien sélectionneur, il a résisté aux critiques jusqu’au Mondial 201,1 où Lièvremont lui a finalement préféré le demi de… mêlée Morgan Parra jusqu’à la finale.

Galthié : « Quand tu as vécu ça, tu es "équipé" »

S’il n’a jamais coulé des joueurs paisibles en Bleu, Trinh-Duc a de quoi être marqué. Laissé au repos par son club cette semaine, il a précisé à RMC Sport qu’il ne souhaitait pas s’exprimer sur le sujet. Fabien Galthié, son entraîneur à Montpellier, a connu pareille situation. Du haut de son expérience, l’ancien demi de mêlée tente d’aider son protégé à passer cette mauvaise passe. « C’est un moment difficile pour lui. Il a été habitué très tôt à la sélection et maintenant, il est en souffrance. Il faut d’abord respecter les choix du sélectionneur puisque les joueurs qui sont retenus sont méritants. Il faut traverser le gué, explique-t-il. J’ai connu ça avec une ascension fulgurante très jeune et après, j’en ai vraiment chié. Et puis un jour, j’en suis ressorti. »

Loin de l’agitation des Bleus, l’ancien joueur du Pic Saint-Loup ne reste pas inactif. Le week-end dernier, il a offert le point de bonus défensif aux Héraultais sur le terrain de Brive (15-9)… d’une pénalité de 38 mètres. « Son jeu au pied a été bon, il nous arrache le bonus à la 40e et sa gestion a été bonne. Je lui ai dit de garder ça en tête, poursuit Galthié. Il faut accepter la concurrence et les choix, et se battre parce qu’il n’y a personne pour t’aider. Mais rien n’est impossible. » L’ancien demi de mêlée, revanchard, conclut de ses souvenirs : « Lors des cinq dernières années, j’étais en fer, j’étais vacciné et recousu de partout mais j’étais là. Quand tu es passé par des moments comme ça, tu es "équipé", explique-t-il. C’est difficile de t’approcher parce que tu es en feu. C’est une belle épreuve personnelle mais il faut se battre. »

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La rédaction