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XV de France : et maintenant ?

Patrice Lagisquet et Philippe Saint-André

Patrice Lagisquet et Philippe Saint-André - -

L’année 2013 complétement manquée du XV de France pose des questions sur le véritable niveau des Bleus. Conscients de la réalité, les Bleus ont déjà l’esprit tourné vers de nouveaux objectifs.

Un blason à redorer

Onze matchs, huit défaites, deux victoires et un nul. Voilà le bilan du XV de France en 2013. Implacables, les chiffres démontrent les difficultés que Philipe Saint-André et ses hommes ont connues au cours de l’année. Les deux succès contre les modestes Ecossais (23-16) et Tongiens (38-18) ne suffisent pas à éclaircir un tableau décidément bien sombre. Et même si, comme le rappellent joueurs et staff, l’opposition a été corsée. « C’est dur mais c’est un constat un peu brutal. On n’a pas joué contre n’importe qui, assure le talonneur Benjamin Kayser. Encore une fois on va se satisfaire de l’état d’esprit, du fait qu’on ne lâche jamais rien et qu’on soit dans la bonne voie. Et ce n’est pas juste de la pommade car on n’a pas joué contre n’importe qui. » En substance, les Bleus affirment que, malgré les défaites, ils ont plus appris face aux Blacks et aux Boks que s’ils avaient gagné contre des nations plus faibles.

Un sélectionneur en danger ?

Depuis sa prise de fonction, Philippe Saint-André n’a jamais vraiment réussi à imposer sa patte sur la façon de jouer de son équipe. Et si son bilan 2013 n’est pas bon, celui de 2012 n’a pas soulevé les foules non plus (six victoires en dix matchs). Alors, forcément, le sélectionneur français ne se sent pas intouchable : « En club, tu es menacé mais en équipe nationale aussi. On en parlait. Patrice Lagisquet l’a connu une fois avec Biarritz, avec un début de saison très difficile (2008-2009). Que ce soit Yannick Bru ou moi, on n’a jamais connu un bilan comme ça en club. Mais après, on a les joueurs onze semaines dans l’année : parfois tu fais quelques matches et tu les retrouves deux mois et demi ou trois mois après. »

Un Tournoi capital

Les Bleus ont à peine deux mois pour digérer leur année noire avant de retourner au charbon. Et il faudra être prêt car dès le 1er février, ils auront droit au « Crunch » face à l’Angleterre. Une défaite face à leurs meilleurs ennemis replongerait les Français dans le doute. « Le VI Nations 2014 est très important avec trois matchs à domicile. Il faudra valider les progrès des derniers matches même s’il y a des défaites, explique Saint-André. Sincèrement, je pense qu’on va avoir un VI Nations de très haut niveau. C’est quelque chose d’important dans l’ADN du rugby français. » Seul problème pour le sélectionneur tricolore, il ne sait pas encore quand il pourra regrouper ses joueurs, la FFR et la LNR n'ayant toujours pas signé de convention de mise à disposition. « On s’adaptera et on sera compétitifs », positive PSA.

Une génération Coupe du monde

S’il n’est évidemment pas satisfait des récents résultats de son équipe, Philippe Saint-André voit plus loin. Dans le viseur de l’ancien entraîneur toulonnais, le Mondial 2015 en Angleterre. Pour cela, il n’a pas hésité à appeler de nouveaux visages lors de cette tournée de novembre. « On a plus de certitudes, un groupe plus étoffé. On a trouvé un autre ailier avec Sofiane Guitoune. Devant, Nicolas Mas et Rabah Slimani ont amené beaucoup d’assurance. (…) Il y a un vrai fil conducteur dans le fait qu’on ait choisi des hommes qui progressent. On a battu les Tongiens en changeant six joueurs sans que le collectif soit touché. Pour préparer la Coupe du monde, on aura plus de temps et des matches amicaux. Ce sera une préparation de très, très haut niveau. On a une confiance énorme. (…) On a 80% de l’équipe qui appartient à une nouvelle génération. Elle sera là pendant huit ou dix ans comme les Bonnaire, Nallet ou Yachvili avant eux. »

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AA avec Laurent Depret