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XV de France: Ibanez répond sèchement aux Anglais, qui ont dénoncé une "farce"

Raphaël Ibanez, manager du XV de France, n'a pas apprécié le titre d'un journal anglais qualifiant de "farce" le match face à l'Angleterre, que les Bleus aborderont avec une équipe inexpérimentée, dimanche à Twickenham (15h).

Les six années passées par Raphaël Ibanez en Angleterre (Saracens, puis London Wasps, de 2003 à 2009) rendent sa lecture de la presse britannique très fluide. Et voir le Daily Telegraph qualifier de "farce" la finale de l’Autumn Nations Cup entre l’Angleterre et la France lui reste en travers de la gorge. La presse anglaise ne comprend pas comment les Bleus peuvent sciemment aligner une équipe aussi inexpérimentée (24 ans, 5 sélections de moyenne) pour un choc face au voisin anglais, dimanche à Twickenham (15h).

Alors, le manager du XV de France a profité de l’annonce de la composition de l'équipe, ce vendredi, pour régler ses comptes. L’ancien talonneur a rappelé que le staff français subissait l’accord LNR-FFR et ne pouvait donc pas aligner ses meilleurs joueurs, bloqués par le quota de trois matchs maximum à jouer lors du rassemblement automnal.

"Je dirais presque que les Anglais ont raison"

"'La confrontation Angleterre-France va tourner à la farce': cette phrase tirée d’un journal anglais a fait son chemin au sein de notre équipe toute la semaine, a prévenu l’ancien talonneur. Elle a parfois obligé, et c'est malheureux, certains de nos joueurs à justifier leur légitimité de leur sélection et à justifier l'intérêt de jouer un test-match a priori trop déséquilibré. Permettez-moi de rebondir dessus. D'abord dire que les joueurs ont été exemplaires durant la préparation et qu'ils méritent largement leur future cape."

"Il faut reconnaître que, vu de l'étranger, cette finale ne peut pas être vécue différemment, admet Ibanez. On peut les comprendre et je dirais presque que les Anglais ont raison. Les deux sélections nationales ne sont malheureusement pas sur un même pied d'égalité et ça ne date pas de ce match, puisque nous n'avons pas pu bénéficier de deux semaines de préparation de rang depuis le début du rassemblement, notamment avant le pays de Galles et l'Italie. Malgré tout, nous sommes parvenus à gagner face au pays de Galles et à nous qualifier pour cette finale. Je crois que c'est grâce à un état d'esprit irréprochable de la part de nos joueurs, à une équipe qui s'est entraînée dur. C'est une équipe très talentueuse à laquelle on croit et qui, peut-être, renversera des montagnes dimanche."

"On ne va pas se laisser faire"

L’ancien joueur de 47 ans a aussi confirmé qu’il n’avait pas eu besoin d’insister sur cette phrase auprès des joueurs. Ces derniers se la sont vite appropriée. "Ça a forcément résonné dans leurs esprits, reconnait-il. Ils ont été exemplaires dans leur préparation. Quand on se prépare pour un test-match au niveau international, il faut tout prendre en compte et c'est ce que nous avons fait cette semaine. On ne va pas se laisser faire."

NC avec Jean-François Paturaud