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XV de France - Novès : "Je sais que le cœur tient !"

Guy Novès a connu une première accrochée en tant que sélectionneur des Bleus, ce samedi face à l’Italie (23-21). L’ancien manager toulousain a apprécié la prise d’initiative de ses joueurs et compte bien se servir de ce début dans la compétition pour expliquer plus concrètement les choses qu’il attend.

Guy, que retenez-vous de positif de ce premier match ?

La victoire, bien sûr. Elle est toujours intéressante. Notre boulot va être de se concentrer sur le contenu pour voir où on pourra améliorer les choses. On part de très loin, avec un stage très court et une équipe extrêmement rajeunie. Si on avait pu gagner avec plus de points, on ne s’en serait pas privé. Les Italiens auraient pu gagner, donc on va être satisfait de la première victoire. Ce que je retiens, c’est l’enthousiasme des garçons par moments. Il nous a manqué un peu de lucidité. La première mi-temps était saccadée, il n’y avait pas de rythme. On a été relativement faibles sur les montées défensives, ce qui fait que l’adversaire a monopolisé le ballon et a trouvé quelques failles importantes. Le très positif, c’est cet enthousiasme. On avait parlé de prise d’initiative. Face aux poteaux, il y avait peut-être trois points à prendre mais avec l’initiative, on a joué vite et on marque un essai. Peut-être que d’autres auraient pris trois points. C’est le message qu’on voulait faire passer. Comme ça manquait de rythme, les gars avaient besoin de lâcher les chevaux. Chaque fois qu’on a mis un peu de rythme, on a été dangereux.

On a senti quelques hésitations, notamment en attaque. Est-ce difficile à mettre en place sur le court terme ?

Tout est très difficile à mettre en place sur le court terme à partir du moment où il y a beaucoup de changements, des nouveaux joueurs et un nouveau staff. On travaille ces choses-là pendant une semaine face à des joueurs qui ont des boudins. Puis on se retrouve à balles réelles face à une équipe d’Italie qui est présentée comme « pas si forte que ça ». Quand on gratte un peu, on se rend compte qu’elle est souvent proche de ses adversaires et qu’elle peut même gagner. On va pouvoir faire comprendre à nos joueurs les fautes qu’on a pu commettre en termes de placement et d’organisation parce qu’on avait un adversaire réel en face. C’est une des raisons pour lesquelles on se satisfait d’avoir gagné. On va pouvoir expliquer aux joueurs ce qu’on attend d’eux. Ce qui m’a un peu chagriné, c’est qu’on n’ait pas eu de changement de rythme en attaque ou en défense. Deux ou trois joueurs ont changé de rythme et ils ont été très dangereux. On le demande à tous les joueurs et ça n’a pas été le cas dans ce match.

Sébastien Bézy a manqué trois tirs au but en première mi-temps. Qui a pris la décision de changer de buteur ?

J’ai dit à Jeff (Dubois) : « Ce n’est pas la peine de continuer à perturber Seb. C’est un jour sans, autant donner le relais à Jules (Plisson), c’est un buteur de grande qualité. » Ils avaient choisi que l’un tape de près et l’autre de loin. Ça a été une bonne démarche et les joueurs l’ont bien pris sur le terrain. C’est bien d’avoir plusieurs cordes à son arc.

« Vakatawa a répondu à notre attente »

Avez-vous imaginé que vous alliez perdre le match ?

Oui, notamment quand ils marquent une pénalité et repassent devant à sept minutes de la fin. Heureusement, Jules réussit une pénalité à 50 mètres quasiment en bordure. Dans mon analyse, ça ne change rien sur le contenu du match. L’analyse aurait été la même. Cette équipe est jeune et je suis ravi de cette victoire puisque les victoires acquises difficilement sont souvent intéressantes. Mais les critiques que nous allons faire avec le staff sont identiques quelle que soit l’issue du match.

Comment avez-vous vécu cette première en tant que sélectionneur ?

D’abord, je sais que le cœur tient, donc ça, c’est sympa ! Le fait d’entendre le public chanter La Marseillaise au moment où nous étions menées, c’est un signe fort de l’union qu’il y a entre notre public et cette équipe. J’espère que les joueurs vont bien sentir ça parce que c’est là qu’on a besoin de nos supporters. En tant que sélectionneur, ce sont des moments très agréables de sentir que l’équipe n’était pas seule. Ils ont été surtout là quand on avait besoin d’eux.

Qu’avez-vous pensé de la prestation de Virimi Vakatawa ?

Il a répondu à notre attente. Tout le monde s’est rendu compte qu’il pouvait être au niveau. Je suis ravi de sa prestation. Il a pesé sur l’équipe d’Italie. Il a créé des brèches et secoué plusieurs fois les adversaires. Visiblement, il a compris ce qu’on attendait de lui et il ne s’est pas posé de question. Il va continuer à progresser.

Propos recueillis par LD et WT