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XV de France : Saint-André l’a (déjà) mauvaise

Philippe Saint-André

Philippe Saint-André - -

Les Bleus ont rejoint Marcoussis ce samedi pour préparer le Tournoi des VI Nations et le premier match dimanche prochain en Italie. Philippe Saint-André, échaudé par les forfaits, déplore de ne pas avoir ses joueurs plus longtemps à disposition.

« Ils font un 100 mètres et nous, on fait un 110 mètres haies ». Rayonnant après une tournée d’automne en tous points réussis, Philippe Saint-André fait grise mine, à l’aube du Tournoi des VI Nations. A peine arrivé à Orly ce samedi, pour le début du stage de préparation de la compétition, le sélectionneur a fait savoir son mécontentement au sujet des conditions de mise à disposition des internationaux. « Nous sommes les seuls à ne pas les avoir eus en stage depuis dimanche dernier, a-t-il pesté. Je crois qu'on est à la fin d'un système. Là, il y a des renégociations Ligue-Fédération et je pense que le syndicat des joueurs doit faire partie de ça. Certains joueurs ont enchaîné 10 ou 12 matchs d'affilée. L'intégrité du joueur est en jeu et ça, c'est important. »

L’état de ses troupes est d’ailleurs là pour appuyer, dans la douleur, sa plaidoirie. Aux forfaits de Gaël Fickou (cheville) et Brice Dulin (adducteurs), vient de s’ajouter celui du meilleur marqueur d’essajs tricolore, Vincent Clerc, touché à une cuisse face à Biarritz vendredi et absent huit à dix jours. N’en déplaise à leurs remplaçants (Adrien Planté, Maxime Médard et Hugo Bonneval), il s’agit-là d’un nouveau coup dur pour PSA, qui récupère un groupe sacrément émoussé, à une semaine du premier match, en Italie (dimanche, 16h). Entre ces trois désistements, des Lauret et Parra sonnés et un Ouedraogo encore en délicatesse avec sa cheville, il va devoir bricoler, tant bien que mal. « On va essayer de bien récupérer, explique Saint-André. On va voir dans quel état nos joueurs se trouvent et on décidera les 23 qui sont le mieux physiquement et mentalement pour jouer contre les Italiens. »

Michalak : « On tire beaucoup sur les joueurs »

La polémique n’est pas neuve, mais résonne cette année un peu plus fort que d’habitude, au regard des bobos en pagaille qui viennent miner, ou du moins perturber, le XV de France. « Je crois que ça fait dix ou douze ans que j'entends parler de ça, confie Frédéric Michalak. C'est vrai que l'on tire beaucoup sur les joueurs. Le championnat est de plus en plus difficile, la Coupe d'Europe aussi. C'est sûr pour que ceux qui sont internationaux, ce sont de grosses cadences. C'est notre sport, on essaye de le faire à fond mais il faut aussi regarder comment les autres nations se préparent et comment elles évoluent. Je pense qu'elles évoluent dans d'autres conditions par rapport à nous, mais bon, ce n'est pas à moi d'en décider. »

Les Bleus ont donc jusqu’à dimanche pour panser leurs plaies et rentrer dans leur Tournoi. Ils pourront compter pour cela sur un Mathieu Bastareaud qui vole bien au-dessus de la polémique, euphorique à l’idée de retrouver le maillot bleu, trois ans après… « Ça faisait une éternité, c'est un peu comme une rentrée des classes. Je suis très content d'être ici, très heureux, très fier. Je pense qu'il y a très peu de personnes qui pensaient que j'allais être là il y a trois mois. Pour moi, c'est une nouvelle aventure qui commence avec les Bleus et j'espère être du Tournoi. Je vais savourer chaque minute ici, à Marcoussis, avec les mecs. C'est génial. » Un vent d’optimisme bienvenu pour remplumer le XV du Coq, qui espère faire mieux qu’en 2012, où il avait achevé le Tournoi à une modeste quatrième place.

Le titre de l'encadré ici

Bonneval a dû ranger les skis ! |||

Appelé de dernière minute dans le groupe France en raison du forfait de Vincent Clerc, Hugo Bonneval (22 ans), le trois-quarts polyvalent du Stade Français, a dû sacrifier, pour son plus grand plaisir, des vacances à la montagne. « A vrai dire, je devais partir au ski ce matin, explique le Parisien. Quand je l’ai appris, j’étais sur le quai de la gare avec ma valise et mes amis pour prendre le train direction Bourg-Saint-Maurice. Au final, mes potes sont partis et moi je suis rentré. Je suis super content, je bénéficie de la blessure de Vincent, c’est malheureux pour lui, mais c’est extraordinaire. C’est une chance, je vais découvrir tout ce qu’il se passe autour de ce groupe et de cette équipe. Je vais me faire tout petit. » Hugo Bonneval pourra demander des conseils à son père, Erik, international à 18 reprises entre 1984 et 1988.

Alexis Toledano avec Laurent Depret