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XV de France : Talès, le nouveau théorème du dix

Rémi Talès sera l'ouvreur du XV de France contre les All Blacks

Rémi Talès sera l'ouvreur du XV de France contre les All Blacks - -

Troisième sélection et troisième test-match contre les All Blacks. Rémi Talès sera titulaire à l’ouverture ce samedi au Stade de France (21h). Pour RMC Sport, le Castrais (29 ans) revient sur son parcours atypique.

En décembre 2011, Rémi Talès, à peine débarqué à Castres, se blessait gravement au genou. Verdict : rupture des ligaments croisés... Dix-huit mois plus tard, le capitaine du Castres Olympique passait ses deux drops en finale du Top 14 face à Toulon et aidait son club à devenir champion de France. Dans la foulée, il était sélectionné avec le XV de France pour la tournée de juin en Nouvelle-Zélande et les trois tests face aux All Blacks. Quelques minutes de jeu lors du deuxième, une titularisation lors du dernier. Sa troisième sélection avec les Bleus sera encore un choc avec les champions du monde, ce samedi au Stade de France (21h). Nouvelle confirmation d’une carrière en train de décoller.

Né et formé à Mont-de-Marsan, Rémi Talès (29 ans) a joué à plusieurs saisons à La Rochelle en Pro D2. Le Top 14, il ne l’a connu finalement qu’à 26 ans, avec La Rochelle puis Castres. Mais alors qu’aucun numéro dix, que ce soit François Trinh-Duc ou Frédéric Michalak, n’a réussi à s’imposer ces dernières années chez les Bleus, Rémi Talès a une opportunité en or de s’installer à ce poste, à deux ans de la Coupe du monde en Angleterre. Doté d’un gros coup de pied, bon animateur et très bon en défense, il a les atouts pour devenir l’ouvreur que la France recherche. Entretien RMC Sport avec l’homme qui défiera Dan Carter samedi.

Sa trajectoire

« C’est vrai que je suis arrivé d’un coup. Je n’ai pas eu le parcours qu’on pourrait qualifier de classique, avec la filière des jeunes qui à 20 ans jouent en Top 14 et à 23 ans jouent en équipe de France. C’est vrai que moi, je n’ai pas du tout fait ça. J’ai fait mes gammes en Pro D2. Je me suis aguerri. J’ai choisi de jouer tous les week-ends plutôt que d’être remplaçant en Top 14 et je suis content de prouver que cette filière-là est possible et qu’il n’y a pas besoin de faire toutes les filières de jeunes pour se retrouver en équipe de France. »

Sa fraîcheur

« C’est un gros plus pour moi. Je sais d’où je viens, je sais par où je suis passé. Quand on joue en Pro D2, on n’a qu’un rêve, c’est de jouer en Top 14. Je prends tout du bon côté, je ne me prends pas la tête et je me dis qu’il faut profiter au maximum. En Pro D2, c’était surtout une bande de potes. On rigolait énormément et on passait beaucoup de bon temps, comme si on était en amateurs ou en jeunes. J’essaye de garder cette philosophie en Top 14 et j’ai la chance d’avoir retrouvé cette mentalité à Castres, même si les infrastructures et les joueurs font que c’est le haut niveau. »

Ses sensations lors du haka

« Je l’avais vu énormément de fois à la télé et là, je l’avais à 20 mètres de moi (en juin, ndlr). A ce moment-là, on pense à tout ce que représente les Blacks. On se remémore d’où on vient et on réalise à la fin du Haka que c’est la réalité et qu’on va pouvoir les affronter. »

Son duel avec Carter

« On voit que lui, à haut niveau, il ne se prend pas la tête. Il joue tous les coups comme il faut. Là où il est très impressionnant, c’est dans sa gestion du jeu au pied. Il met le ballon là où il veut. Il sait faire souffler et faire avancer son équipe et je pense que c’est la grosse différence qu’il y a entre lui et moi. De temps en temps, il nous met deux ou trois coups de patte qui nous font vraiment reculer. On se dit qu’il nous fait mal ! Mais sur le terrain, on essaye de faire abstraction et d’élever le niveau pour espérer se rapprocher de lui. »

Sa chance avec les Bleus

« J’ai la chance aujourd’hui d’être appelé en équipe de France. Je me dis que la Coupe du monde est dans deux ans, que ce n’est pas loin. Dans un petit coin de la tête, on aimerait participer à cette aventure. Pour tout joueur de rugby, être en équipe de France, c’est déjà fabuleux, mais participer à une Coupe du monde, il n’y a pas mieux. Donc forcément, on espère y rester. »

Son poste

« C’est dur parce que pour qu’un dix soit performant, je pense qu’il faut qu’il enchaîne les matchs. Et c’est difficile quand on arrive de s’imposer tout de suite et d’être régulier. C’est vrai qu’en France, pourtant, il y a de très bons ouvreurs. Mais le poste est tellement soumis à une forte pression qu’au moindre faux pas de l’ouvreur, on va le remettre en question et c’est ce qui est difficile. Je ne me prends pas la tête. Je prends match par match. J’ai la chance d’y être, d’enchaîner. J’espère que j’arriverai à saisir l’occasion et pourquoi pas aller plus loin. »

Sa différence avec Michalak

« C’est quelqu’un de bien et un très grand joueur. Il a connu la médiatisation très jeune, il était tout en haut. Au mois de novembre 2012, tout le monde l’avait remis tout en haut. Il a loupé un match pendant le Tournoi et on l’a tout de suite descendu. C’est ce qui est dommage. C’est vrai qu’on a deux parcours totalement différents et qu’on est peut-être à l’opposé. »

Son ambition cet automne

« Montrer que la France est là, qu’elle est aussi en position de favorite, qu’elle peut rivaliser avec les meilleurs équipes. Et surtout, emmagasiner de la confiance. Parce qu’en 2013, il n’y a pas eu beaucoup de victoires donc cette équipe a envie de retrouver le goût de la victoire. Si on gagne contre la Nouvelle-Zélande et contre l’Afrique du Sud (23 novembre), on enverra un signal fort à toutes les autres nations. »

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Wilfried Templier