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Dorin-Habert : « Je ne suis sûre de rien »

Marie Dorin-Habert

Marie Dorin-Habert - -

Blessée fin novembre, la biathlète française Marie Dorin-Habert, médaillée de bronze du sprint à Vancouver, sera bientôt fixée sur une possible participation aux JO de Sotchi. En attendant, elle s’entraîne comme elle peut et ne perd pas espoir.

Après votre blessure fin novembre en Suède (au ligament entre le tibia et le péroné de la jambe gauche, ndlr), vous avez entamé une course contre la montre pour revenir à temps pour les Jeux de Sotchi. Etes-vous confiante ?

Eh bien à dire vrai, pas du tout… Je suis incapable de dire si je pourrai courir ou non aux Jeux. Il y a de petites améliorations, mais je fais un essai en fin de semaine. Là, je serai peut-être plus fixée. C’est une entorse qui est très longue et qui se soigne, normalement, en deux à trois mois. On essaye de lancer le pari d’une guérison en un mois, un mois et demi. Surtout que je dois être sur pied un peu avant les Jeux afin de faire une bonne préparation et de bonnes courses à Sotchi. Sinon ça ne sert à rien.

A Vancouver vous aviez été la première médaille. Nous nous étions habitués à vous voir ouvrir le bal...

Là, ce n’est vraiment pas le cas. Je ne veux pas être trop pessimiste, mais c’est difficile de ne pas l’être. Je ne suis sûre de rien.

Du coup, vous travaillez surtout le tir ?

C’est difficile car les pas de tir sont tous sous la neige. Mais j’y vais quand même, en béquilles, tous les matins. J’en profite pour faire autre chose. Sinon, je travaille aussi le haut du corps, pour ne pas trop « perdre ».

A 27 ans, c'est la première fois que vous connaissez ce genre de blessure...

J’ai déjà eu des entorses un peu moins graves. Mais je n’avais jamais vécu un hiver blessée. C’est assez difficile car je suis clairement en train de rater ma saison. Ce n’est pas un drame non plus. Ce n’est que du ski, mais il n’empêche qu’on s’entraîne six mois de l’année pour la saison d’hiver et là elle est en train de passer.

Vous arriviez pourtant plutôt bien lancée en vue des Jeux...

En plus cette année, certes je m’étais blessée au dos, mais je me sentais vraiment très bien en début de saison et les chronos laissaient présager de belles choses. Après on ne sait pas ce qu’il se serait passé.

Comment fait-on pour sortir de la spirale négative de la blessure et faire abstraction des toute cette actualité autour de Sotchi ?

Eh bien on ne fait pas (rires). Je ne veux pas trop me démobiliser, au cas où il y ait une chance de courir. Donc pour l’instant, ce qui est difficile, mais à la fois me maintient et me donne de la motivation, c’est cet espoir de pourvoir courir aux Jeux. Je serai fixée définitivement dans une semaine et demie et je passerai à autre chose.

Worley, Rolland, Midol, Vaultier... On se dit qu'il y a une petite malédiction...

Dans mon cas, on ne peut pas vraiment dire que ce soit à cause d’un entrainement spécifique en vue des Jeux. J’ai glissé… Les skieurs qui tombent, c’est pareil. Mais l’année des Jeux, il y a toujours des surprises, voire des petites fatigues parce qu’on s’entraîne un peu différemment, un peu plus durement. Après, c’est dommage pour tous les blessés. C’est toujours une belle histoire de pouvoir participer à des Jeux.

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