RMC Sport

M.Fourcade : « Ça sent bon pour le globe »

Martin Fourcade

Martin Fourcade - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Deuxième de la mass-start de Pokljuka (Slovénie), Martin Fourcade a un peu plus creusé l’écart avec son dauphin norvégien Emil Svendsen, en tête de la Coupe du monde. Mais le double champion olympique reste même prudent à six épreuves de la fin.

Martin, quel bilan tirez-vous de votre week-end en Slovénie ?

Le bilan est plutôt bon, même si j’aurais voulu faire mieux sur les deux premières courses. A chaque fois, j’étais très proche du podium. Il y avait des conditions de vent assez difficiles, ce qui m’a couté le podium sur le sprint et la poursuite. Aujourd’hui, c’était une belle compétition. Il ne me manque pas grand-chose pour aller chercher la victoire. Ça se joue sur la toute fin de la course. J’avais un petit manque de fraîcheur, en raison des sollicitions post-olympiques et du fait que je sois toujours malade. Mais au niveau comptable, c’est un très bon week-end pour le classement général de la Coupe du monde.

Avez-vous l'impression que votre vie a changé depuis ces Jeux Olympiques ?

Non, je n’ai pas l’impression que ma vie a changé et d’ailleurs, je n’ai pas envie que ça soit le cas. J’ai une vie qui me convient très bien. Après, c’est sûr qu’il y a eu pas mal de sollicitations après les Jeux, que ce soit de la part des médias ou des partenaires. Il y a déjà beaucoup de choses à gérer pour la suite. C’est assez compliqué à gérer face à des athlètes qui sont revanchards après s’être ratés aux JO. Mais l’envie est intacte et je veux aller chercher mon troisième globe de cristal consécutif. Il reste encore six compétitions et je vais me donner à fond sur les six.

Êtes-vous toujours sous traitement médical ?

J’ai arrêté les antibiotiques ce matin (dimanche), mais je suis toujours sous traitement. En tant que sportif de haut niveau, on n’a pas le droit à beaucoup de choses pour se soigner. Donc, ça prend toujours beaucoup de temps. Tout le monde est fatigué, je ne suis pas le seul. Il y a beaucoup d’athlètes qui sont malades. Cette fin de saison se joue beaucoup au mental. Le physique est entamé pour beaucoup d’athlètes. C’est celui qui a toujours envie et celui qui arrive à élever son meilleur niveau pour la course qui fera la différence.

Comment jugez-vous l'engouement populaire qui vous a attendu après les Jeux ?

C’est un peu plus que ce que j’imaginais. Je me suis tenu au courant de ce qu’il se passait en France car je suis assez présent sur les réseaux sociaux. Je me rendais bien compte qu’il y avait un effet Jeux Olympiques. Mais entre le savoir et le vivre, c’est toujours différent. En rentrant, j’ai pris le train pour monter à Paris et c’est vrai qu’on m’a beaucoup reconnu. C’est toujours un plaisir de voir que les gens ont vibré avec nos résultats. C’était un grand bonheur de pouvoir partager ça en France, même si c’était bref.

Avec 175 points d'avance sur Emil Hegle Svendsen en tête de la Coupe du monde, le gros globe de cristal n'est plus très loin...

Oui, ça sent plutôt bon. Après, je n’ai pas envie de m’enflammer car je sais que tout bascule très vite. Rester humble malgré les bons résultats, ça m’a permis d’être régulier et performant lors des trois dernières saisons. Il ne faut enterrer personne et ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Mais avec trois courses d’avance au niveau comptable, à six courses de la fin, ça devrait pouvoir être bon, sauf grosse contre-performance de ma part ou maladie. Mais tant que ce n’est pas fini, je prends un peu de recul par rapport à ça.

Pensez-vous avoir encore de la réserve d'énergie pour cette fin de saison ?

J’étais inquiet cette semaine en venant en Slovénie car c’était vraiment difficile de se remotiver après les Jeux Olympiques. J’étais extrêmement fatigué. Mais là, on part en Finlande demain matin (lundi) et j’ai une toute autre envie d’y aller et une toute autre envie d’y être performant. Donc je ne suis pas inquiet par rapport à ça. Après, on fait un sport où le tir fait qu’on peut très vite passer à côté d’une course et se retrouver très loin. C’est l’erreur à ne pas commettre en Finlande. Il me reste trois courses pour être performant et pouvoir fêter ça en Norvège, sans penser au classement général de la Coupe du monde.

Ça serait magnifique de fêter le gros globe de cristal en Norvège, chez les maîtres de la discipline...

Ça serait vraiment sympa de pouvoir fêter mon globe avant la dernière course. Dans le jardin d’Emil Svendsen, ce serait un beau clin d’œil (rires).

A lire aussi :

>> Fourcade, itinéraire d’un surdoué

>> Martin Fourcade s’offre une part de légende

>> Marmottan, la juste récompense

La rédaction